Principaux renseignements
- La Russie installe des filets anti-drones pour protéger ses sous-marins nucléaires stratégiques à la base navale de Rybachiy.
- Les navires à quai sont extrêmement vulnérables aux attaques aériennes et navales menées par des drones lorsqu’ils sont amarrés.
- La Russie renforce ses défenses sur l’ensemble du territoire, ce qui semble indiquer qu’elle craint des attaques de drones loin du front.
Des données satellitaires commerciales récentes fournies par Vantor révèlent que la Marine russe met en place un réseau complet de filets anti-drones à la base navale de Rybachiy, sur la péninsule du Kamtchatka. Ces écrans de protection aériens ont été déployés au-dessus de divers postes d’amarrage afin de protéger les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins balistiques.
Cette mesure témoigne d’une escalade significative des stratégies défensives de la Russie, confrontée à la menace en constante évolution de la guerre sans pilote, et indique que même ses actifs militaires les plus critiques sont désormais considérés comme vulnérables aux frappes de drones.
Vulnérabilité au quai
L’installation de ces défenses est particulièrement remarquable, car les sous-marins balistiques sont conçus pour la furtivité et la survie lorsqu’ils sont immergés en pleine mer, et non pour résister à des attaques lorsqu’ils sont à quai. Lorsqu’ils sont amarrés à un quai, ces navires imposants deviennent des cibles fixes, ce qui accroît leur vulnérabilité face aux systèmes sans pilote de pointe.
Rybachiy est un site vital, servant de plaque tournante principale de la flotte du Pacifique pour les sous-marins de classe Borei, considérés comme les navires de guerre les plus puissamment armés au monde.
Menace des drones
L’Ukraine a déjà prouvé sa capacité à frapper en profondeur à l’intérieur des frontières russes, en utilisant des drones aériens et des engins de surface sans pilote pour cibler des infrastructures navales. L’opération « Spider’s Web », menée en juin 2025, illustre bien cette portée : des drones avaient alors été lancés depuis le territoire russe pour frapper des bombardiers stratégiques situés à des milliers de kilomètres du front.
Si les capacités ukrainiennes ont probablement incité la Russie à prendre ces précautions, celle-ci envisage sans doute également la menace d’incursions de drones menées par des adversaires du Pacifique, tels que le Japon ou les États-Unis, en cas de conflit potentiel.
Attaques de drones dans toute la Russie
Cette tendance au renforcement des cibles de grande valeur est observable ailleurs en Russie. À Moscou, des hélicoptères Mi-26 ont été utilisés pour hisser des unités de défense aérienne Pantsir-SMD-E au sommet de gratte-ciel. La portée croissante de ces attaques fait peser une menace sur les centres industriels de la région de l’Oural et de la Russie centrale.
Ces opérations ont été soutenues par l’aide occidentale. Selon le Financial Times, la France et les États-Unis ont fourni des renseignements et des ressources essentiels pour aider l’Ukraine à contourner les défenses russes et à identifier des cibles stratégiques.
Classe Boreï
Les sous-marins de la classe Boreï occupent une place centrale dans la triade nucléaire russe ; ils sont dotés d’une technologie avancée de réduction du bruit et de 16 missiles intercontinentaux RSM-56 Bulava. Ces missiles sont équipés d’ogives à cibles multiples indépendantes, conçues pour contourner les réseaux de défense modernes à l’aide de leurres et de manœuvres agiles.
Le poids stratégique de cette capacité nucléaire est reconnu à l’échelle internationale. L’amiral Rob Bauer, de l’OTAN, a noté fin 2024 que la présence d’armes nucléaires russes avait été le principal facteur empêchant une intervention directe de l’OTAN en Ukraine. (fc)
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