Principaux renseignements
- Les affirmations russes concernant une production élevée de Su-34 contredisent les données d’experts indépendants.
- Les analystes occidentaux estiment la production réelle à environ dix appareils par an.
- Ces chiffres gonflés visent probablement à mettre en avant la puissance militaire malgré une capacité industrielle limitée.
Des questions ont été soulevées concernant les chiffres officiels communiqués par la Russie au sujet de la production des bombardiers Su-34, principaux appareils utilisés pour le largage de bombes guidées à glissement. Alors que les Forces aérospatiales russes (VKS) ont annoncé l’arrivée d’un nouveau lot en provenance de l’usine aéronautique de Novossibirsk le 9 juillet, le nombre exact d’appareils compris dans cette livraison est resté secret.
Chiffres de production contradictoires
D’autres affirmations ont été publiées sur le blog bmpd, via Defense Express, par le Centre d’analyse des stratégies et des technologies (CAST), selon lesquelles 16 bombardiers auraient été livrés en 2024 et 18 en 2025.
Cela porterait le nombre total de Su-34 produits à 212, dont sept appareils de première génération. Ces chiffres sont toutefois considérés avec scepticisme, car ils dépassent de loin les données fournies par des observateurs indépendants.
Évaluations d’experts indépendants
Contredisant ces rapports, le site polonais Defence24 a estimé que la production totale de la Russie pour l’ensemble des avions de combat en 2024 n’était que de 24 unités, tandis que les pertes étaient presque équivalentes, à 23 appareils. Leurs données spécifiques concernant le Su-34 suggèrent une tendance bien plus faible : 10 appareils en 2022, six en 2023 et 10 en 2024.
Des projections encore plus prudentes ont été formulées par le Royal United Services Institute (RUSI), qui a estimé qu’entre 2020 et 2025, les Forces aériennes russes (VKS) n’avaient acquis qu’environ 58 à 60 Su-34, soit une moyenne d’environ 10 à 12 par an.
Propagande
Ces divergences suggèrent deux possibilités : soit la capacité industrielle de la Russie a dépassé les prévisions des analystes occidentaux, soit le Kremlin gonfle intentionnellement les chiffres pour projeter une image militaire plus forte.
La confusion est encore accrue par le fait que la Russie a commencé à livrer des Su-34 à l’Algérie dans le cadre d’un contrat de 2019, ce qui suggère un excédent d’appareils qui complique encore davantage le débat sur les taux de production réels. (fc)
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