La Russie envisage d’armer ses navires céréaliers pour contrer les attaques de drones ukrainiens


Principaux renseignements

  • La Russie prévoit d’armer des navires civils transportant des céréales pour contrer les frappes de drones ukrainiens.
  • Des équipes militaires fourniront des supports d’armes temporaires et assureront des escortes armées à travers le détroit de Kertch.
  • Les armateurs doivent financer ces améliorations en matière de sécurité afin d’éviter des déficits d’exportation massifs.

Afin de protéger le transport commercial de céréales en mer d’Azov contre les frappes persistantes de drones ukrainiens, les autorités russes étudient une stratégie visant à armer les navires de charge civils. Selon un article de Bloomberg, une initiative conjointe impliquant le ministère de la Défense, le ministère des Transports et l’Agence fédérale des transports maritimes et fluviaux est en cours afin de consulter les armateurs et les négociants sur le renforcement de la sécurité des navires.

Escortes militaires et armements

Cette initiative fait suite à une suspension des opérations dans la région pendant deux semaines, après plusieurs attaques visant des infrastructures maritimes et des navires marchands. Des documents internes suggèrent que les vraquiers pourraient être équipés de protections temporaires, telles que des filets anti-drones, des sacs de sable et des blindages, ainsi que de supports dédiés pour des armes lourdes.

Le protocole de sécurité proposé consisterait à embarquer à bord des navires des soldats armés de kalachnikovs et à installer des mitrailleuses lourdes équipées de visée nocturne ou d’optiques thermiques pour la première partie du trajet. Ces équipes militaires et leur armement quitteraient les navires une fois ceux-ci ayant franchi avec succès le détroit de Kertch. Par ailleurs, des discussions sont en cours concernant l’utilisation de patrouilleurs navals pour escorter les convois de céréales se dirigeant vers la mer Noire. La charge financière liée à ces modifications et à la présence militaire serait supportée par les négociants en céréales et les armateurs.

Conséquences économiques

Étant donné que la mer d’Azov assure environ 25 pour cent des exportations céréalières de la Russie, la volatilité actuelle fait peser la menace de pertes économiques importantes. Une analyse de SovEcon suggère que la persistance des interruptions du transport maritime pourrait entraîner un déficit d’exportation mensuel compris entre 500 000 et 1,5 million de tonnes métriques.

Précédents

Si le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a souligné que les réglementations internationales interdisent généralement l’armement des navires civils, il s’est abstenu de commenter la légalité de la mise à disposition d’escortes navales.

Cette évolution fait suite à un incident survenu en juin, au cours duquel les autorités estoniennes ont repéré un méthanier de Gazprom équipé d’une mitrailleuse Kord alors qu’il naviguait dans le golfe de Finlande, ce qui constitue un cas rare de navire commercial russe transportant un tel armement. (fc)

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