Les frappes ukrainiennes paralysent les exportations de céréales russes en mer d’Azov


Principaux renseignements

  • Les frappes militaires ukrainiennes ont paralysé les exportations de céréales russes en mer d’Azov.
  • Les expéditions de blé en juillet ont chuté à leur plus bas niveau depuis 2017.
  • Les contraintes infrastructurelles empêchent les ports de la mer Noire d’absorber les cargaisons détournées.

Les récentes actions militaires menées par l’Ukraine aux abords de la mer d’Azov ont gravement entravé la capacité de la Russie à exporter des céréales alors que la nouvelle saison agricole commence. Selon les experts et analystes du secteur, ces frappes ont entraîné le blocage de millions de tonnes de produits dans les entrepôts du sud du pays.

La situation s’est aggravée le 11 juillet lorsque les autorités russes ont cessé de traiter les demandes de transit par le détroit de Kertch, à la suite de frappes de drones visant plus d’une centaine de navires dans la région. Cette mesure a pratiquement paralysé les expéditions en provenance des ports de la région d’Azov.

Recul des exportations de blé

Les données de la société agricole SovEcon indiquent un ralentissement significatif des expéditions de blé. Les exportations de juillet sont estimées à 1,5 million de tonnes métriques, soit une baisse de 30 pour cent par rapport aux 2,1 millions de tonnes exportées au cours de la même période l’année dernière. Ce chiffre représente moins de la moitié de la moyenne sur cinq ans, qui s’établit à 3,1 millions de tonnes pour le mois de juillet.

Andrey Sizov, directeur général de SovEcon, a souligné que ces niveaux correspondent aux plus faibles exportations de blé enregistrées en juillet depuis 2017, revenant à des volumes qui n’avaient plus été observés depuis près d’une décennie. Il a attribué cet effondrement principalement aux obstacles à la navigation dans le détroit de Kertch, tout en notant également une baisse de la demande de la part d’importateurs clés tels que la Turquie et l’Égypte.

Paralysie logistique dans le bassin du Don

L’impact sur la logistique régionale a été considérable. Des sources ont indiqué au journal Gorod N que le transport de céréales par le fleuve Don avait complètement cessé. Cette voie de transport est essentielle, puisqu’elle avait acheminé 14,7 millions de tonnes, soit environ 27 pour cent du total des exportations céréalières russes, au cours de la saison précédente. Alexander Yaroshenko, directeur du groupe agricole Oural-Don, a déclaré que les silos de stockage des ports du Don avaient atteint leur pleine capacité.

En conséquence, l’approvisionnement en céréales est au point mort, les exportateurs étant dans l’incapacité d’honorer les contrats existants ou d’accepter de nouvelles livraisons. Cela a perturbé le cycle financier des agriculteurs, qui ne peuvent vendre leurs récoltes ni générer les capitaux nécessaires à la poursuite de leurs activités.

Contraintes infrastructurelles et risques futurs

Si le transfert des cargaisons vers des ports de la mer Noire tels que Tuapse et Novorossiysk pourrait sembler être une solution, les experts estiment que cela n’est pas réaliste. Yaroshenko a expliqué que les infrastructures de la région de Krasnodar ne sont pas en mesure d’absorber des volumes aussi importants, et que les réseaux ferroviaires ne sont pas conçus pour supporter cette charge supplémentaire.

Un négociant en céréales a averti que toute tentative de réacheminement de ces cargaisons risquerait de provoquer une grave congestion ferroviaire, susceptible de paralyser le trafic pendant des mois. De plus, les installations de la mer Noire ne disposent pas des équipements spécialisés nécessaires pour le blé dur, les légumineuses et les produits transformés périssables.

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