La pandémie provoque un changement historique: les USA ne sont plus le premier partenaire commercial de l’UE

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La pandémie de coronavirus a redistribué les cartes du commerce mondial. Lors du troisième trimestre 2020, la Chine a été le premier partenaire de l’Union européenne, dribblant les États-Unis. Une première.

En 2004, l’Union européenne, dépassant le Japon, était devenue le premier partenaire commercial de la Chine. La situation est restée la même depuis lors. Mais l’inverse n’était pas vrai, puisque l’UE, de son côté, commerçait davantage avec les Américains.

Cette année, la donne a changé. La Chine est désormais le pays avec lequel l’Union européenne échange le plus de biens, services et capitaux.

Les conséquences du Covid-19

La pandémie mondiale a nettement plombé l’économie américaine. Les États-Unis sont toujours loin d’être sortis d’affaire. En revanche, la Chine, après six premiers mois très difficiles, a repris du poil de la bête lors du troisième trimestre de 2020. La situation sanitaire s’est fortement améliorée, l‘économie a suivi.

D’après les chiffres d’Eurostat, entre janvier et septembre 2020, les échanges commerciaux entre l’UE et les USA se sont élevés à 412,5 milliards d’euros. Les échanges entre l’Union et la Chine ont, eux, été de 425,5 milliards d’euros,

En 2019, sur la même période, les échanges UE-Chine n’étaient que de 413,4 milliards d’euros. Eurostat indique que c’est surtout l’augmentation des importations des produits chinois (+4,5%) qui a pesé dans la balance. La vente d’équipements de protection relatifs à la crise sanitaire, qui a explosé, y est pour beaucoup.

En revanche, les échanges commerciaux entre l’UE et les USA ont fortement chuté. Lors des neuf premiers mois de 2019, ils avaient atteint les 461 milliards d’euros. ‘Le commerce avec les États-Unis a enregistré une baisse significative des importations (-11,4 %) et des exportations (-10,0 %)’, a détaillé Eurostat.

La Chine, seul pays dont la croissance se poursuit

Alors que les économies des pays du monde entier sont freinées par la crise du coronavirus, la Chine se démarque. Le FMI pense qu’elle sera la seule grande puissance à afficher une croissance, estimée à 1,9%. En effet, la Chine a amélioré ses échanges commerciaux avec de nombreux autres pays, profitant encore une fois de l’exportation de matériel médical.

Au niveau mondial, le FMI prévoit une récession de l’ordre de 4,4%. Tourisme, transport et usines tournent au ralenti (voire ne tournent plus du tout) depuis de nombreux mois, aux quatre coins du globe. A la différence de 2008, les pays émergents sont eux aussi largement touchés par cette crise économique.