La NASA dévoile un premier programme pour une mission habitée vers Mars… Mais attend un feedback

C’est l’entame d’une nouvelle course à l’espace, non plus vers la Lune cette fois, mais à celui qui atteindra en premier la planète rouge. Sauf qu’elle n’oppose plus USA et URSS, mais la NASA d’un côté, et Elon Musk et sa start-up SpaceX de l’autre. Et si le milliardaire est prompt aux grandes déclarations, clamant encore récemment que son entreprise remportera la course vers Mars, l’agence spatiale américaine progresse aussi, étape par étape. Celle-ci vient de révéler un premier plan pour mener une mission habitée sur Mars qui passerait au moins 30 jours sur place.

Cette mission se déroulerait entre la fin des années 2030 et le début de la décennie suivante, et aurait pour objectif de permettre à notre espèce de faire ses premiers pas sur Mars – et puis de les ramener vivants sur notre vieille Terre. Plus facile à dire qu’à faire : en supposant que le financement et la technologie se concrétisent au bon moment pour mener ce genre de mission longue, avec les deux planètes à la position idéale, la durée du voyage aller-retour serait encore d’environ 500 jours compte tenu de la distance minimale entre Terre et Mars.

Les dangers de l’espace

Les astronautes arriveront sur la planète rouge après des mois de microgravité et devront d’abord passer par une longue face de réhabilitation, même pour opérer dans la gravité partielle de Mars, qui est environ un tiers de celle de la Terre ; les séjours prolongés dans l’espace semblent provoquer une étrange forme d’anémie. La NASA suggère qu’un moyen de résoudre ce problème serait de faire vivre les équipages dans un rover pressurisé durant la première partie de leur mission.

Maximiser les données scientifiques

« Nous voulons maximiser les données scientifiques, c’est pourquoi nous leur permettrons de se déplacer en rover avant qu’ils soient suffisamment conditionnés pour enfiler les combinaisons spatiales, de marcher et de maximiser ces données scientifiques en 30 jours », a déclaré Kurt Vogel, directeur des architectures spatiales de la NASA, dans une vidéo YouTube accompagnant la publication de ces objectifs.

Du matériel et du carburant envoyés en amont

Rien n’est encore gravé dans le marbre à l’heure actuelle, mais la NASA imagine de mettre au point un vaisseau capable de servir d’habitat suffisamment confortable pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Celui-ci utiliserait une fusée à étages hybride, alimentée à la fois par une propulsion chimique et électrique. Quatre personnes feraient le voyage, et deux d’entre elles continueraient jusqu’à la surface de la planète, comme du temps du programme Apollo avec ses trois astronautes, dont deux qui foulaient la Lune à chaque fois, rappelle Space News.

Environ 25 tonnes de fournitures et de matériel, livrées par une mission robotique précédente, seraient prêtes et attendraient l’équipage. Ces fournitures comprendraient un véhicule d’ascension, déjà alimenté en carburant et prêt à être utilisé par les deux premiers pionniers de Mars pour quitter la planète et se remettre en orbite.

Avis et répétition générale

L’agence s’est engagée à organiser un atelier en juin « avec des partenaires de l’industrie et des universités américaines » afin de leur demander leur opinion sur ce premier plan, qui est donc amené à changer d’ici l’échéance. Les organisations internationales invitées pourront également donner leur avis lors d’un atelier en juillet prochain.

De toute façon, on n’en est pas encore là : la NASA va d’abord privilégier le retour sur la Lune avec le programme Artemis, qui doit servir de grande expérimentation générale avant le bond vers Mars.

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