La guerre en Ukraine pourrait créer une pénurie de munitions en Europe

Il n’y a pas que les Russes qui ont des problèmes de munitions, suite à la guerre en Ukraine. Les pays fournisseurs d’armes pour cette dernière commencent aussi à en rencontrer.

Pourquoi est-ce important ?

Depuis le début du conflit, l’Europe et surtout les États-Unis ne lésinent pas sur l’aide apportée à l’Ukraine. Cela a pour conséquence directe une pénurie de munitions en Europe qui craint de ne pas savoir se défendre si un conflit armé devait arriver au cœur du vieux continent.

Dans l’actu : Pour combler cette pénurie d’armement, la France va consacrer deux milliards d’euros en commande de munition l’an prochain.

  • La France va passer une commande de deux milliards d’euros de munitions en 2023. C’est un tiers de plus que l’année passée, a annoncé en octobre Sébastien Lecornu, ministre des Armées.
  • Les commandes porteront notamment sur 200 missiles antichars MMP (missiles de moyenne portée), 100 missiles anti-aériens SAMP-T (Sol-Air moyenne portée de nouvelle génération), une centaine de missiles air-air Mica équipant les Rafale et Mirage 2000, près de 700 bombes air-sol, 10.000 obus de 155 mm pour les canons Caesar et plus de 50 millions de munitions de petit calibre, rapporte BFM Business.
  • L’Ifri (Institut français des relations internationales) note dans un rapport intitulé « Stocks militaires : une assurance-vie en haute intensité ? » : « Les forces armées n’ont pu dégager de soutien matériel qu’au prix d’un amoindrissement durable de leurs propres capacités, en l’absence de stocks préservés. Les taux de perte constatés sur le terrain et l’importante consommation de munitions ont également mis en lumière l’insuffisance des parcs opérationnels français, réduits au strict minimum après deux décennies de disette budgétaire »
  • Cependant, l’auteur du rapport, Léo Péria-Peigné, appelle à la raison : « La France n’est pas l’Ukraine. Sa situation géographique, le maintien d’une force de dissuasion et son appartenance à l’OTAN la préservent d’une invasion à grande échelle sur le territoire national », rappelle cet expert qui alerte le risque « d’adopter une stratégie de stockage uniquement fondée sur les retours d’expérience ukrainiens ». Selon lui, ce « serait un non-sens ».

En Europe : Au début du mois de décembre, nous apprenions que les stocks d’armes de l’Europe étaient épuisés.

  • Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, avait déclaré à propos du stock d’armes : « il vient des stocks des armées, et tout le monde est d’accord pour dire que ces stocks ont été rapidement épuisés, parce qu’ils étaient presque vides. » Il ajoute : « Nous manquons des capacités dont nous avons besoin pour nous défendre contre un niveau de menace plus élevé ».
  • Les Etats membres ont décidé d’investir 200 milliards dans l’armement pour rattraper « des années de sous-investissement » a expliqué M. Borrell.
  • L’Allemagne a décidé à elle seule de créer un fond de 100 milliards et va augmenter les dépenses à 2% de son PIB. Même si elle commence à faire marche arrière.

Contexte : Cette pénurie arrive alors que la guerre fait encore rage et n’est pas près de s’arrêter.

  • Le 15 décembre, Valéry Zaloujny, commandant en chef de l’armée ukrainienne, a déclaré être convaincu que la Russie allait une nouvelle fois attaquer Kiev au début de l’année 2023.
  • Le chef de l’OTAN, Jens Stoltenberg, prévient : « Nous ne devons pas sous-estimer la Russie. Elle mobilise davantage de forces, elle est prête à subir également de nombreuses pertes et essaie d’avoir accès à davantage d’armes et de munitions ».
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