Six mois après leur demande d’adhésion à l’OTAN, la Suède et la Finlande sont toujours bloquées par la Turquie : les États baltes s’inquiètent

En mai dernier, la Suède et la Finlande demandaient officiellement leur adhésion à l’OTAN. 28 de ses 30 membres leur ont donné leur feu vert. Manquent la Hongrie et la Turquie.

Pourquoi est-ce important ?

Les demandes d'adhésion de la Suède et la Finlande étaient directement liées au déclenchement de la guerre en Ukraine. Les deux pays nordiques voulaient s'assurer du soutien de l'Alliance au cas où la Russie ne souhaite aller plus loin. Rapidement, la Turquie s'était montrée comme l'obstacle numéro 1 à franchir afin d'entrer dans l'OTAN. Six mois plus tard, c'est toujours bien le cas.

Dans l’actu : la Turquie vexée par un incident à Stockholm.

  • Cette semaine, un nouvel incident a jeté encore plus de doutes sur une possible approbation turque de la demande d’adhésion de la Suède à l’OTAN.

Le détail : l’ambassadeur suédois en Turquie réprimandé.

  • La semaine dernière, des « images insultantes » de Recep Tayyip Erdogan ont été projetées sur le bâtiment de l’ambassade turque à Stockholm.
  • Un incident qui s’est produit à l’occasion d’une manifestation de partisans du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
  • De quoi rendre la Turquie furax. L’ambassadeur suédois à Ankara a été convoqué – pour être sermonné – par le ministère turc des Affaires étrangères.

Le contexte : le feu vert d’Ankara n’est pas pour tout de suite.

  • La Suède et la Finlande attendent toujours le feu vert de la Hongrie et de la Turquie afin d’intégrer l’OTAN. À Budapest, le parlement devrait accorder sa ratification au début de l’année prochaine. À Ankara, cela reste encore incertain.
  • La Turquie estime que les deux pays nordiques n’en font pas assez pour couper leurs liens avec les groupes kurdes et accélérer les extraditions de criminels présumés.
  • Le nouveau gouvernement suédois, de droite, fait pourtant tout son possible pour accélérer le processus. Après avoir rencontré Erdogan à Ankara au début du mois, le Premier ministre Ulf Kristersson devrait bientôt recevoir son homologue turc à Stockholm.

Dans la salle d’attente : les États baltes s’impatientent.

  • La Suède et la Finlande ne sont pas les seules nations à attendre le feu vert turc. Les États baltes aimeraient, eux aussi, que leurs deux voisins intègrent l’OTAN.
  • Dans la région, on craint que la Russie ne lance une attaque éclair dans le corridor de Suwalki (voir carte ci-dessous) afin de couper les États baltes du reste de l’Europe et, surtout des membres actuels de l’Alliance, rapporte le Financial Times.
  • « Nous discutons avec nos bons amis turcs du fait que ce retard affecte directement notre sécurité, et nous aimerions donc beaucoup qu’il soit résolu », a expliqué au quotidien américain Gabrielius Landsbergis, le ministre lituanien des Affaires étrangères.
  • Selon lui, une entrée de la Suède et de la Finlande dans l’OTAN permettrait de lancer des discussions autour de « projets de défense aérienne avec la Finlande » et de « coopération maritime avec la Suède ».
Le corridor de Suwalki. (Getty)
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