Des armes nucléaires de l’OTAN déployées en Finlande ou en Suède ? « Nous ne voulons fermer aucune porte »

Alors que leur adhésion à l’OTAN est encore en suspens, les Premiers ministres respectifs de la Suède et de la Finlande estiment ne mettre aucune condition préalable. Y compris sur la question toujours sensible de l’arsenal nucléaire.

Pourquoi est-ce important ?

Le prétexte originel de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, selon Vladimir Poutine, était d'empêcher ce pays de demander l'adhésion à l'OTAN et à terme, peut-être, d'éviter que des armes nucléaires de l'Alliance y soient déployées. Un objectif qui s'est complètement retourné contre son instigateur : non seulement l'Ukraine est d'autant plus demandeuse de rejoindre l'OTAN, mais c'est aussi le cas de la Finlande et de la Suède.

Le contexte : la Finlande et la Suède, qui jusqu’ici se tenaient à une stricte neutralité, ont introduit conjointement une demande pour rejoindre l’Alliance atlantique. En contact direct avec la Russie via la Carélie et la Baltique, ces deux pays estiment que leur sécurité ne sera assurée que dans un système d’alliance militaire depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

  • Mais leur adhésion reste en suspens : elle nécessite l’unanimité parmi les membres actuels de l’Alliance, et des pays tels que la Turquie, mais aussi la Hongrie, menacent d’utiliser leur veto. On peut s’attendre à des négociations encore âpres pour convaincre Ankara – qui a déjà fait céder Stockholm sur la question de l’accueil des opposants kurdes – et Budapest – toujours très proche de Moscou.

L’actualité : les Premiers ministres respectifs des deux pays nordiques ont déclaré conjointement qu’une fois leur adhésion à l’OTAN confirmée, ils considéreront comme envisageable le déploiement d’un arsenal nucléaire sur leurs territoires, rapporte Opex360. Les deux ministres assistaient au Concile des pays nordiques, qui se tenait à Helsinki.

« Nous ne devons mettre aucune condition. Nous avons décidé que nous ne voulions fermer aucune porte. »

Sanna Marin, Première ministre finlandaise
  • Une déclaration qui, lors d’une conférence de presse commune, a été confirmée par son homologue suédois, Ulf Kristersson: « Vous allez recevoir de ma part exactement la même réponse. Il est naturel que la Suède et la Finlande agissent de concert en la matière et nous devons suivre les mêmes formalités ».
  • Les deux Premiers ministres ne veulent toutefois pas faire de se genre de déploiement un automatisme, mais, alors que leur adhésion reste encore en suspens, Finlande et Suède ne veulent pas commencer à poser des conditions supplémentaires. Une telle mesure, si elle entre en considération, sera négociée ultérieurement et en temps voulu.
  • Il convient d’ailleurs de rappeler que le Danemark et la Norvège, tous les deux membres de l’OTAN et proches partenaires de la Suède et de la Finlande, ont jusqu’ici toujours refusé l’installation d’armes nucléaires sur leur territoire.
  • La sortie de Sanna Marin fait d’ailleurs débat en Finlande, un pays où l’adhésion à rejoindre l’OTAN n’a vraiment séduit une majorité de la population que depuis l’invasion de l’Ukraine, même si cette opinion se faisait de plus en plus populaire ces dernières années. Le président du pays, Sauli Niinistö, a ainsi nuancé ces déclarations.

« Nous rejoindrons l’OTAN selon les conditions de celle-ci. La question des armes nucléaires est prématurée. »

Sauli Niinistö
  • Rien dans la loi finlandaise n’empêche toutefois un déploiement d’armes nucléaires sur le territoire, fait toutefois remarquer le quotidien national Iltalehti.
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