Quand l’Allemagne revient sur toutes ses promesses d’en faire plus pour assurer sa défense

En février dernier, l’Allemagne promettait monts et merveilles à son armée pour s’ériger en pilier de la défense européenne. Mais les fonds promis ne suivent pas, et le gouvernement doit rétropédaler.

Pourquoi est-ce important ?

L'industrie militaire allemande est une des plus réputées d'Europe, mais l'armée du pays, la Bundeswehr, n'attire pas forcément les investissements de l’État fédéral, ou en tout cas pas assez aux yeux du grand allié américain. C'était censé changer avec l'invasion russe de l'Ukraine. En principe.

Dans l’actualité : le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Hebestreit est revenu ce lundi sur les dépenses consacrées à la défense. L’objectif des 2 % du PIB du pays ne serait pas atteint non seulement cette année, mais probablement pas non plus l’année prochaine. Selon ses « prévisions prudentes », l’Allemagne devrait tout de même atteindre l’objectif au cours de cette législature, qui se termine en 2025, a toutefois nuancé le porte-parole.

  • Il y a neuf mois, alors que l’armée russe attaquait l’Ukraine en masse, le chancelier allemand Olaf Scholz avait annoncé en grande pompe un changement total de paradigme dans les priorités de son gouvernement, fraîchement élu.
  • L’Allemagne allait débloquer une enveloppe exceptionnelle de 100 milliards d’euros pour 2022 destinée à la Bundeswehr, tout en accordant chaque année 70 milliards au budget de la défense, soit environ 2% du PIB du pays, comme le recommandent les États-Unis aux autres membres de l’OTAN, mais que peu de pays appliquent réellement.
  • Ça, c’était sur le papier : neuf mois plus tard, le gouvernement fait marche arrière sur ces déclarations. Il faut dire que le compte n’y est pas : le financement de la Bundeswehr, estimé habituellement à 50 milliards d’euros, sera en fait raboté de 300 millions en 2023, dénombre Politico.
  • Seule une première tranche relativement faible d’un fonds spécial de modernisation militaire de 100 milliards d’euros devrait être versée d’ici là.

Le contexte : une ministre de la Défense qui émettait déjà des réserves sur ces grands plans d’investissement.

  • Dans une lettre confidentielle adressée la semaine dernière à la commission parlementaire allemande du budget, la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht faisait part de ses réserves par rapport à la commande de 35 avions de combat F-35.
  • La ministre faisait part de ses craintes concernant des retards de livraison, les huit premiers avions devant être livrés en 2026. Mais aussi du surcoût potentiel que représentent les aménagements des bases allemandes pour accueillir ces avions. Un enjeu qui concerne d’ailleurs aussi la Belgique, où les F-35 coûteront sans doute bien plus cher que prévu.
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