La France enquête sur les séparatistes corses après des menaces armées


Principaux renseignements

  • Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert une enquête sur le groupe séparatiste FLNC-UC.
  • Des militants masqués ont menacé des habitants non corses et ont exprimé leur opposition aux réformes proposées en matière d’autonomie.
  • Les enquêtes judiciaires portent désormais sur le détention d’armes illégales par le groupe et sur la formation présumée d’une organisation criminelle.

Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert une enquête préliminaire sur l’organisation séparatiste corse clandestine connue sous le nom de FLNC-UC. Cette action judiciaire fait suite à une récente conférence de presse au cours de laquelle le groupe a proféré des menaces.

Les enquêteurs se concentrent plus particulièrement sur la formation éventuelle d’une association de malfaiteurs destinée à mener des activités terroristes, ainsi que sur l’acquisition, le transport et la détention illégaux d’armes et de munitions soumises à restriction, liés à ces complots.

Conférence de presse

Le déclencheur de cette enquête a été une conférence de presse à laquelle seul le journal Corse-Matin a assisté. Au cours de cet événement, une dizaine d’individus masqués et lourdement armés sont apparus devant une banderole du FLNC.

Le groupe a profité de cette tribune pour exprimer son opposition aux débats parlementaires concernant l’autonomie corse et pour mettre en garde les « envahisseurs » non originaires de l’île qui s’y installent.

Conflit législatif

Ces tensions découlent des récentes initiatives législatives en France. Le 23 juin, l’Assemblée nationale a approuvé une réforme accordant à la Corse davantage de pouvoirs réglementaires et législatifs pour relever les défis spécifiques de l’île, adoptée par 271 voix contre 202.

Cependant, cette proposition se heurte à un paysage politique divisé et doit encore être examinée par le Sénat en octobre. Pour que ces pouvoirs élargis soient pleinement mis en œuvre, une loi complémentaire doit être votée, ce qui nécessite une majorité des trois cinquièmes au Parlement français.

Opposition séparatiste

Le FLNC-UC, une organisation qui a récemment fêté son 50e anniversaire en mai, a qualifié ces initiatives gouvernementales de simple façade. Les séparatistes affirment que les modifications constitutionnelles proposées effaceraient de fait leur identité nationale et ignoreraient leurs revendications de longue date. Dans un manifeste de cinq pages, le groupe a dénoncé toute personnalité nationaliste soutenant le « processus de Beauvau » et a appelé à une évolution vers une forme de pouvoir politique plus résistante.

Menaces contre les non-corses

Par ailleurs, le groupe a lancé un avertissement sévère aux citoyens français métropolitains et aux étrangers venant s’installer en Corse pour des raisons professionnelles ou de loisirs. Les séparatistes ont explicitement demandé à ces personnes de rester dans leur pays d’origine, les avertissant que celles qui choisiraient de s’établir sur l’île ne devaient pas s’attendre à y être en sécurité.

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