La croissance économique de la Chine atteint son niveau le plus bas depuis 2022


Principaux renseignements

  • La croissance du PIB chinois a ralenti à 4,3 pour cent en raison de la stagnation de la demande intérieure.
  • La chute des investissements immobiliers menace les objectifs économiques annuels du gouvernement.
  • La vigueur des exportations masque la fragilité du marché intérieur et la hausse du chômage chez les jeunes.

La croissance économique de la Chine a atteint son plus bas niveau trimestriel depuis fin 2022, avec une progression du PIB de 4,3 pour cent entre avril et juin. Ce chiffre est inférieur aux 4,5 pour cent anticipés par les analystes et marque un recul par rapport à la croissance de 5 pour cent enregistrée au premier trimestre. La trajectoire actuelle remet en cause l’objectif de croissance annuel du gouvernement, fixé entre 4,5 pour cent et 5 pour cent, alors que le pays est confronté à une demande intérieure stagnante et à une escalade des tensions commerciales avec l’Union européenne et les États-Unis.

Chute des investissements

L’un des principaux facteurs de ce ralentissement est la forte contraction des investissements en immobilisations urbaines, qui ont chuté de 5,7 pour cent au cours du premier semestre. Les projets immobiliers et d’infrastructure ont été particulièrement touchés, les investissements dans l’immobilier ayant chuté de 18 pour cent.

Selon les experts, ce ralentissement s’explique par le fait que les collectivités locales se concentrent sur la gestion de leur dette et par le manque de nouveaux projets viables. En conséquence, certains économistes prévoient que le gouvernement mettra en place des mesures de relance agressives, telles qu’une baisse des taux directeurs, afin de relancer l’investissement.

Déséquilibre entre la production et la consommation

L’économie se caractérise actuellement par un déséquilibre marqué entre la production et la consommation. Alors que la production industrielle a progressé de 5,3 pour cent en juin et que les exportations ont bondi — portées en grande partie par la demande mondiale de matériel informatique et d’électronique liés à l’IA —, la consommation intérieure reste fragile.

Les ventes au détail ont affiché une légère reprise de 1 pour cent en juin après un recul en mai, mais les dépenses privées globales continuent d’être freinées par une crise persistante du marché immobilier et l’instabilité des coûts énergétiques.

Clivage sur le marché du travail

Cette dépendance vis-à-vis des exportations a engendré des tensions géopolitiques, l’excédent commercial de la Chine avec l’UE ayant augmenté de 24 pour cent au cours des six premiers mois de l’année. Sur le plan intérieur, le marché du travail présente des disparités : les salariés des entreprises tournées vers l’exportation sont plus optimistes que ceux des entreprises nationales.

Alors que le taux de chômage urbain officiel est resté stable à 5 pour cent, des études indépendantes suggèrent un taux de chômage bien plus élevé, à 10,2 pour cent, les jeunes âgés de 16 à 24 ans représentant plus de la moitié de la population au chômage de longue durée.

Débat sur les futurs changements de politique

Les avis restent partagés parmi les experts financiers quant à la prochaine décision du gouvernement. Certains affirment que la résilience des exportations et un début d’année solide offrent à Pékin suffisamment de marge de manœuvre pour éviter des changements de politique radicaux.

D’autres, en revanche, estiment que l’ampleur sans précédent de la baisse des investissements nécessite une augmentation massive des emprunts publics, pouvant potentiellement doubler le plan actuel d’émission de dette de 12 000 milliards de yuans afin de stabiliser l’économie.

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(ns)

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