Principaux renseignements
- Le système des « flexi-jobs » a récemment fait l’objet de critiques. En effet, il coûte environ 500 millions d’euros par an à l’État.
- Les règles actuelles créent des inégalités absurdes entre les droits à la retraite et les cotisations sociales.
- Le ministre du Budget, Vincent van Peteghem, et le vice-Premier ministre, Jan Jambon, souhaitent donc examiner s’il convient de réformer ce système.
Le ministre belge du Budget, Vincent Van Peteghem, a souligné la nécessité de réformer le système national de flexi-emploi, arguant qu’il est devenu insoutenable. Lors d’une réunion de commission parlementaire, Van Peteghem a qualifié le cadre actuel de « hors de contrôle », soulignant qu’il engendre d’importants déficits financiers et des inégalités sociales.
Il a notamment mis en avant une contradiction : les travailleurs en flexi-job accumulent des droits à la retraite sans verser de cotisations sociales, tandis que les étudiants salariés paient des cotisations sans bénéficier d’aucune prestation de retraite. Le ministre a qualifié cela d’« absurde ».
500 millions d’euros de pertes
D’un point de vue financier, le ministre du Budget a averti que le gouvernement pourrait faire face à des pertes avoisinant les 500 millions d’euros d’ici 2025. Ce déficit prévisionnel résulte d’une perte estimée à 362 millions d’euros de recettes fiscales et d’environ 125 millions d’euros de cotisations sociales non perçues.
Si les versements des employeurs atténuent une partie de ces pertes, Van Peteghem estime que le coût ne fera qu’augmenter à mesure que le programme s’étendra à davantage de secteurs. Il a souligné qu’intervenir dès maintenant relevait d’une gouvernance responsable afin d’éviter les échecs à long terme observés dans d’autres domaines politiques, tels que la réglementation relative aux maladies de longue durée.
Réaction de Jambon
En réponse, le vice-Premier ministre Jan Jambon s’est déclaré chez HLN disposé à examiner la structure du système, notamment en ce qui concerne les conditions d’éligibilité. Il a souligné que, si environ 250 000 personnes participent aux « flexi-jobs » — à raison de 100 heures par an en moyenne —, la grande majorité d’entre elles (83 pour cent) sont déjà des salariés à temps plein.
Jambon a noté que 17 pour cent des participants travaillent à un rythme correspondant aux quatre cinquièmes d’un temps plein et utilisent les emplois flexibles pour compléter leurs revenus, ce qui pourrait cannibaliser l’emploi standard à temps plein. Il a suggéré que cette tendance spécifique mérite d’être examinée de plus près.
Ne pas revenir sur l’élargissement
Malgré ces préoccupations, Jambon continue de soutenir le monde des affaires et a rejeté l’idée d’augmenter les cotisations patronales pour les personnes travaillant à temps partiel. Il a également défendu la récente décision d’étendre les « flexi-jobs » à tous les secteurs, affirmant que les politiques ne devaient pas être remises en cause immédiatement après leur mise en œuvre.
Il considère plutôt la situation actuelle comme une opportunité d’affiner la gestion administrative et estime qu’il reste plusieurs mois pour déterminer la meilleure voie à suivre. (fc)
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