La croissance des salaires réels en Belgique recule fortement : les employeurs cherchent des alternatives


Principaux renseignements

  • La croissance réelle des salaires en Belgique a fortement baissé, car les employeurs se montrent réticents à augmenter les coûts salariaux fixes.
  • Les entreprises privilégient désormais les avantages flexibles et exonérés d’impôt plutôt que les augmentations salariales permanentes.
  • Des avantages alternatifs tels que les chèques-repas et les bons d’action préservent le pouvoir d’achat des salariés.

Les résultats récents de l’enquête « Hudson Reward Survey », menée par Randstad, font état d’un ralentissement considérable de la croissance réelle des salaires des salariés belges. Bien que l’indexation automatique des salaires empêche le salaire brut de baisser, les augmentations salariales s’ajoutant à l’indexation ont fortement reculé, pour s’établir à seulement 0,89 pour cent. Cela témoigne d’une réticence croissante des employeurs à augmenter davantage leurs coûts salariaux fixes.

Stagnation de la croissance salariale individuelle

Les données montrent que près de 40 pour cent des salariés n’ont bénéficié d’aucune augmentation salariale en dehors de l’indexation. De plus, le nombre de salariés ayant obtenu des augmentations substantielles a diminué. Seuls 16 pour cent ont bénéficié d’une augmentation individuelle supérieure de plus de 4 pour cent à l’indexation, contre 21 pour cent l’année précédente.

Cette tendance à la baisse est évidente sur le long terme, la médiane des augmentations individuelles étant passée de 1,5 pour cent en 2022 à environ 0,9 pour cent aujourd’hui.

Modes de rémunération alternatifs

Face à la stagnation des salaires fixes et des rémunérations variables, les entreprises adoptent de plus en plus des stratégies de rémunération alternatives afin de préserver le pouvoir d’achat de leurs salariés.

On observe une hausse record du recours aux bons de souscription et aux avantages non monétaires, qui concernent désormais 11 pour cent des effectifs. Par ailleurs, on assiste à un regain d’intérêt pour les primes collectives prévues par la CCT 90, qui ont été accordées à 42 pour cent des salariés l’année dernière.

Chèques-repas

L’une des évolutions les plus répandues concerne les chèques-repas. Suite à un relèvement du plafond légal, 24 pour cent des entreprises offrent désormais le montant maximal de 10 euros par jour. 10 pour cent supplémentaires sont en train de s’aligner sur ce plafond, tandis que 48 pour cent maintiennent l’ancien montant standard de 8 euros.

Contrairement aux avantages de luxe tels que les voitures de fonction, souvent réservés aux cadres, les chèques-repas sont utilisés dans les entreprises de toutes tailles et à tous les niveaux hiérarchiques. Comme ils sont exonérés d’impôt et de cotisations sociales, ils constituent pour les employeurs un moyen économique d’augmenter le revenu net des salariés sans alourdir excessivement les coûts salariaux fixes.

(at)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus