La Chine va intensifier sa lutte contre sa propre Big Tech: après Alibaba, Tencent se trouve dans l’œil du cyclone

Tencent et son fondateur, Pony Ma, sont les prochaines cibles des autorités chinoises. (Imaginechina via AP Images)

L’an dernier, les régulateurs chinois s’étaient principalement attelés à museler Alibaba et son ancienne filiale Ant Group, elle aussi fondée par Jack Ma. Le gouvernement de Xi Jinping veut maintenant poursuivre son combat pour éviter aux grandes entreprises technologiques locales de devenir hors de contrôle. Plusieurs autres géants sont ciblés.

Ce lundi, Xi Jinping a prononcé un discours fort à l’attention des grandes entreprises technologiques chinoises. Lors d’une réunion du comité supérieur de conseil et de coordination financière du Parti communiste, le président chinois a ordonné aux régulateurs de renforcer la surveillance des sociétés [actives sur] Internet, de sévir contre les monopoles, de promouvoir une concurrence loyale et d’empêcher l’expansion désordonnée du capital, a indiqué le radiodiffuseur public CCTV. Les sociétés Internet doivent renforcer la sécurité des données et les activités financières doivent faire l’objet d’une supervision réglementaire, a ajouté Xi Jinping.

‘Certaines entreprises de plateforme se développent de manière non standardisée, ce qui présente des risques. Il est nécessaire d’accélérer l’amélioration des lois régissant les économies de plateforme afin de combler les lacunes et les failles en temps voulu’, a prévenu le président de la Chine.

Tencent en ligne de mire

Avec cette annonce, Xi Jinping lance un signal fort: la lutte envers la Big Tech chinoise va se poursuivre. Et cette fois, Jack Ma, AliBaba et Ant Group ne seront plus les seules victimes. On se souvient que l’an dernier, les régulateurs avaient mis en œuvre une campagne visant à limiter le développement du géant de l’e-commerce. Une enquête anti-monopole avait été lancée à l’encontre du groupe, et l’introduction en bourse de Ant Group – qui devait s’élever à près de 35 milliards de dollars – avait été bloquée par les autorités chinoises.

Cette fois, une des nouvelles cibles semble être Tencent. Cette entreprise est principalement active dans les services mobiles et Internet. Plus d’un milliard de Chinois utilisent la plateforme de messagerie du groupe, WeChat.

Le fondateur de Tencent, Ma Huateng (alias Pony Ma) est considéré comme le deuxième homme le plus riche de Chine (le 15e au classement mondial), avec une fortune estimée par Bloomberg à 62,3 milliards de dollars. Le Chinois le plus riche est Zhong Shanshan (14e mondial), avec une fortune de 65,7 milliards de dollars. Jack Ma n’est quant à lui « plus que » le 4e Chinois le plus riche (25e mondial), avec 50,5 milliards. Les répressions des autorités lui ont fait perdre plusieurs milliards ces derniers mois, freinant son ascension.

D’après les analystes, Tencent va être logée à la même enseigne que Ant: les deux sociétés vont devoir créer une holding financière pour inclure leurs services bancaires, d’assurance et de paiement. Ce qui créera un précédent pour les autres acteurs de la fintech en matière de respect des réglementations plus strictes.

Un ‘stade crucial’

Depuis l’annonce de Xi Jinping, lundi, Tencent a perdu plus de 65 milliards de dollars de valeur boursière. Le cours de son action en a également subi les conséquences. Outre Tencent, les autorités chinoises viseraient également Didi Chuxing (service de VTC via une application mobile), Meituan (vente en ligne et livraison de nourriture) ou encore JD.com (vente en ligne d’appareils électroniques) et Pinduoduo (vente en ligne à bas prix).

‘Le développement de l’économie de plateforme de la Chine est actuellement à un stade crucial’, a affirmé Xi Jinping. ‘Il est nécessaire de se concentrer sur le long terme, de renforcer les faiblesses et de créer un environnement innovant pour promouvoir le développement sain et durable de l’économie de plateforme’, a-t-il ajouté.