La Bourse des métaux de Londres interdit le stockage de certains métaux russes – mais pas de tous – au Royaume-Uni: ce que cela nous dit sur l’importance du nickel de Moscou

Par crainte d’une distorsion des prix, à cause de droits de douane élévés, la bourse des métaux de Londres interdit le stockage de certains métaux russes dans ses hangars britanniques. L’échange mondial de ces métaux n’est pas interdit. Le nickel échappe toujours aux sanctions, car la Russie semble incontournable sur ce marché.

La Bourse des métaux de Londres (London Metal Exchange, LME) est la principale plateforme d’échange pour les métaux. C’est ici que se font les contrats de vente et que se fixent les prix. Une décision de sa part est donc un élément important pour les marchés.

La Russie est un grand exportateur de métaux, et ses nombreuses mines font la richesse du pays. Les sanctions européennes ont pout but d’appuyer là où ça fait mal, et les métaux, tout comme les entreprises qui les exploitent, et les oligarques qui possèdent ces dernières, sont donc dans le viseur.

Depuis le 15 mars, le cuivre, l’aluminium primaire, l’alliage d’aluminium et le plomb russes et biélorusses sont soumis à des droits de douanes supplémentaires, à hauteur de 35%, au Royaume-Uni. Une taxe qui doit dissuader l’achat, en somme. Avec cette décision, la LME craint qu’il y ait une distorsion entre le prix de négociation du métal et le prix réel du métal, explique-t-elle dans un communiqué. Pour éviter cette distorsion et son impact sur le marché, la bourse interdit donc le stockage dans ses entrepôts agréés au Royaume-Uni (elle en compte deux, à Hull et à Liverpool).

Concrètement, cela veut dire que ces métaux ne peuvent plus circuler au Royaume-Uni, et les acheteurs britanniques ne peuvent plus mettre la main sur ces métaux. Mais l’échange n’est pas interdit pour autant : la LME compte un total de 600 hangars agréés dans le monde. Des appels se font d’ailleurs entendre au sein de la bourse, pour interdire totalement l’échange de métaux russes, mais l’institution ne veut pas aller plus loin que les sanctions émises par le gouvernement du Royaume-Uni, rapporte Reuters.

Les métaux russes et biélorusses qui ont quitté la Russie avant le 25 mars ne sont cependant pas concernés par la mesure. Les entrepôts britanniques ne contiennent actuellement aucun de ces métaux.

Pas tous les métaux ne sont visés, et ce n’est pas un oubli

Les métaux visés ne sont pas les seuls que la Russie exporte. Le nickel notamment n’est pas visé, et ce n’est pas anodin. Depuis le début de la guerre, le nickel échappe à toutes sanctions que l’Occident impose à la Russie. Et ce pour une raison particulière : le pays est le principal fournisseur de ce métal, utilisé notamment dans les batteries des voitures électriques. Le palladium est aussi essentiellement produit en Russie, et échappe également aux sanctions. Le grand patron derrière ces deux métaux, Vladimir Potanine, un proche de Poutine de surcroît, n’est pas non plus embêté par des sanctions.

L’entreprise de Potanine, Norilsk Nickel (ou Nornickel) exporte cependant aussi du cuivre. Elle est donc visée directement par cette interdiction de stockage et ces droits de douanes élevés. D’autres entreprises visées sont encore Rusal et Uralelektromed.

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