Versailles: salve de sanctions, et plan de sortie des produits énergétiques russes pour 2027

Fin d’une situation privilégiée quant aux droits de douane, embargo sur le fer et l’acier, et arrêt total d’importation de produits énergétiques russes en 2027.

Dans le même château où Macron avait accueilli l’autocrate russe Vladimir Poutine en grande pompe, en mai 2017 juste après son entrée en fonction, le sommet des dirigeants européens de ce jeudi et ce vendredi n’a pas abouti à ce que d’aucuns espéraient : l’Ukraine comme pays membre de l’Union européenne et un embargo sur le gaz et le pétrole russe.

Mais les dirigeants se sont mis d’accord sur une nouvelle salve de sanctions. Avec les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et le le Japon (G7), ils ont décidé d’enlever le statut de nation privilégiée à la Russie, qui devra alors payer plus de taxes et de frais de douanes sur ses exportations. Le FMI et la Banque mondiale ne donneront plus de prêts à la Russie. Le fer et l’acier, un élément important de l’économie russe, sont placés sous embargo.

Des sanctions plus fortes sont encore en réserve, avertissent les dirigeants. Aucun engagement militaire n’est prévu, mais une enveloppe d’un demi-milliard d’euros pourrait être envoyée à l’Ukraine, pour s’armer.

Sortir de l’énergie russe

La dépendance européenne aux énergies russes a souvent été critiquée, car elle donne un levier politique important à Poutine. Avec la guerre en Ukraine, les Européens reconnaissent encore plus qu’ils ont les mains liées, mais veulent à tout prix s’affranchir de cette dépendance.

Après des annonce en début de semaine, sur le fait de réduire l’importation de gaz russe de deux tiers d’ici la fin de l’année, le nouvel objectif annoncé après le sommet de Versailles est de complètement se passer de produits énergétiques russes (pétrole, charbon, gaz) d’ici 2027. Le plan ne sera présenté qu’en mai de cette année, mais dans les grandes lignes, le plan doit réguler les prix, permettre des aides publiques pour les entreprises touchées par l’envolée des prix, et taxer les profits des fournisseurs.

« Plan de relance » en jachère

Une autre attente par rapport à ce sommet était la décision d’une sorte de plan de relance comme celui octroyé après la pandémie, ainsi que la fixation de règles plus souples que Maastricht (limitation des dettes et du déficit en fonction du PIB). Un tel plan ne se dessine pas en deux jours, certes, et le projet reste en jachère.

Mais l’énergie, et les différentes politiques d’aides publiques proposées pour contenir la flambée des prix, aura de nouveau mis le débat de l’abandon des règles de Maastricht sur la table, même si depuis la pandémie, il n’en est jamais vraiment parti. Le débat pour un « plan de relance » devra également être long, et opposer à nouveau les frugaux aux dépensiers.

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