La Commission européenne présente des plans énergétiques ambitieux, qui ont un impact majeur sur les projets politiques belges

Aujourd’hui, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, et son commissaire à l’environnement, Frans Timmermans, présentent des plans solides pour le futur bouquet énergétique de l’Union : ils veulent réduire de deux tiers les importations de gaz russe d’ici à la fin de l’année. Ils ont expliqué leurs plans à quelques journaux, dont le Financial Times et De Standaard.

  • « Nous devons nous débarrasser complètement de notre dépendance à l’égard du gaz, du pétrole du charbon en provenance de Russie« , a fermement déclaré Mme von der Leyen.
  • Jeudi et vendredi, les chefs de gouvernement de l’UE se réuniront à Versailles pour un grand sommet sur l’indépendance stratégique et l’énergie organisé par le président français Emmanuel Macron : la Commission met déjà des plans sur la table, pour s’y préparer.
  • Et ils sont très ambitieux : d’ici un an, ils veulent conserver seulement un tiers des importations de gaz. Aujourd’hui, 39 % de la consommation européenne de gaz provient de la Russie.
  • Les plans, baptisés REPowerEU, s’inscrivent parfaitement dans le cadre de l’histoire que Timmermans ne cesse de marteler : la révolution verte. Cela devrait se faire encore plus rapidement, en combinaison avec « l’efficacité énergétique », et l’exploitation d’autres fournisseurs de gaz, notamment des États-Unis, du Qatar et de l’Azerbaïdjan. Pour ce faire, l’Europe devrait également augmenter ses stocks de gaz, qui passeraient de 30% aujourd’hui à 80% d’ici septembre.
  • M. Timmermans a parlé du « Waterloo de Poutine », si la Commission parvient à convaincre les États membres de mettre en œuvre cette mesure. Depuis plusieurs jours, la Commission utilise un langage musclé à l’égard de la Russie.

Important à savoir : La Commission envisage de geler les prix de l’électricité pour les plus faibles.

  • Outre le cadre géostratégique, la réalité des citoyens de l’UE a également été prise en compte : la montée en flèche des factures énergétiques. Il y a peu de tabous ici. La Commission prévoit d’autoriser les pays à geler les prix de l’électricité pour les plus pauvres.
  • Il sera également plus facile pour les États membres de s’attaquer aux gigantesques excédents des producteurs d’électricité, notamment des centrales nucléaires et des producteurs d’énergie verte, qui n’ont pas vu le coût de leur matière première augmenter fortement, mais ont vu leur chiffre d’affaires augmenter énormément.
  • Cela donne soudain à la Vivaldi la possibilité d’agir efficacement sur les factures, sans trop creuser dans le budget. Le gouvernement wallon a d’ailleurs décidé cette semaine de ne rien faire concernant la facture énergétique, précisément pour cette raison : il n’y a pas d’argent.
  • Au sein du gouvernement fédéral, les partenaires de la coalition annoncent les uns après les autres des projets fous. Et il y a des querelles pour savoir qui était le premier à proposer quel plan : le président du CD&V, Joachim Coens, a téléphoné à Belga pour faire comprendre que son parti était le premier à avoir eu l’idée d’un système de cliquet inversé pour réduire les prix à la pompe.
  • Open Vld a à son tour mis sur la table son propre plan énergétique de 1,5 milliard d’euros, qui a été approuvé hier dans le bureau de son parti. Cela correspond en grande partie à ce que souhaitait la coalition Vivaldi en janvier dernier, sous l’impulsion du ministre des finances Vincent Van Peteghem (CD&V) et de la ministre de l’énergie Tinne Van der Straeten : la réduction de la TVA sur l’électricité à 6% deviendra permanente et sera compensée par un système d’accises. Et pour le gaz, la TVA passera à 6% pendant six mois.
  • Le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) a bloqué ces propositions à l’époque, notamment parce qu’il avait du mal à accepter le mise en avant du CD&V dans le dossier. Mais maintenant, son parti reprend la proposition dans un projet.
  • Le PS met également ses projets sur la table : l’accent est mis sur un tarif social encore plus large. Ce dispositif couvre déjà un million de ménages, mais le chef de groupe Ahmed Laaouej (PS) souhaite qu’il soit étendu « à la classe moyenne au sens large ». « Nous devons rapidement donner un signal fort », a-t-il déclaré à Belga. Dans les semaines à venir, il y aura une surenchère de projets au sein de Vivaldi : la question est de savoir s’ils pourront ensuite attendre le 18 mars pour convoquer un grand sommet gouvernemental.
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