La blague du jour : la Belgique ne fournira pas d’obusiers à l’Ukraine car le gouvernement les a déjà vendus à un ferrailleur pour une bouchée de pain

Dans quelle mesure la Belgique soutient-elle la lutte militaire en Ukraine ? Alors que d’autres pays européens envoient des cargaisons entières d’armes lourdes et que le conflit entre dans son centième jour, ce n’est pas vraiment le cas pour notre pays. La raison en est simple : il ne reste plus grand-chose à envoyer, tant l’état de l' »armement lourd » de l’armée belge est mauvais.

  • Dans la bataille pour le Donbas, l’Ukraine a principalement besoin d’artillerie et de missiles. Mais les quelques fournitures que nous avions, dont des lance-roquettes suédois, ont été envoyées depuis longtemps. La Vivaldi avait encore une carte dans sa manche : d’anciennes pièces d’artillerie, des M109, qui ont été vendues en 2015 à une entreprise d’Audenarde, Flanders Technical Supply (FTS). Et la Belgique les rachèterait ensuite, pour les donner à l’Ukraine.
  • Mais la ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS) a annoncé mercredi devant la commission parlementaire de la Défense que ce projet n’aura pas lieu : les obusiers ont déjà été revendus par FTS. La société n’a pas voulu dire à qui, mais il est probable qu’ils soient déjà parvenus en Ukraine via le gouvernement britannique. Cela a entraîné des réactions aigres de la part de l’opposition, tant de Theo Francken (N-VA) que de Georges Dallemagne (Les Engagés) ; entre autres parce que Dedonder était très avare de ses informations.
  • Mais un peu plus tard, c’est le premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) qui, au sein de la commission des Affaires étrangères, a commencé à enguirlander Francken. Car : « C’est remarquable ce que vous dites sur les obusiers. Ils ont en effet été vendus pour la somme scandaleusement basse de 19.000 euros, dans les années 2015-2016. Je suis tombé de ma chaise quand j’ai entendu ça. » Ce faisant, il n’a échappé à personne que c’est justement pendant le mandat du ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) que cette transaction a eu lieu. « Je trouve également très surprenant qu’il ait été décidé ensuite que ces obusiers devaient être vendus comme du vieux fer. »
  • Douloureux pour la N-VA. Francken s’est penché sur la question. Il a souligné que la décision de vendre ces pièces d’artillerie avait été prise bien plus tôt, sous André Flahaut (PS), qui était ministre de la Défense en 2003. Coup de théâtre : si les M109 ont tous été vendus au prix fort, dont certains au Maroc pour quelques dizaines de milliers d’euros, ils ont d’abord fait l’objet d’une  » mise à niveau  » par un armurier wallon, qui a coûté 21 millions d’euros. L’inspection des finances s’en est amèrement plainte à l’époque.
  • « Après 12 ans de stockage dans un hangar de l’armée, le ministre Vandeput a décidé de vendre nos 64 dernières pièces d’artillerie lourde en 2015-2016 à Flanders Technical Supply pour 27.000 euros chacune, soit 19 000 euros sans les pièces détachées », indique Francken sur son blog. En 2018, notre pays en avait déjà vendu 36 à l’Indonésie, pour pas moins de 9 millions d’euros. Et maintenant le reste, pour un multiple du prix, via le Royaume-Uni, vers l’Ukraine.
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