La Belgique revient définitivement sur sa décision de sortir du nucléaire et investit 11 millions d’euros dans de nouvelles recherches


Principaux renseignements

  • La Belgique a abrogé sa loi sur la sortie du nucléaire afin de garantir la stabilité énergétique.
  • Les financements publics ciblent les petits réacteurs modulaires et la recherche sur la fusion.
  • Ces investissements permettent de préserver une expertise scientifique et un capital humain essentiels.

La Belgique est officiellement entrée dans une nouvelle phase de sa stratégie en matière d’énergie nucléaire, comme en témoigne l’allocation récente de près de 11 millions d’euros destinés à soutenir la recherche nucléaire. Cet engagement financier fait suite à la décision prise en mai 2025 par le gouvernement fédéral d’abroger la loi sur la sortie du nucléaire, renversant ainsi une politique en vigueur depuis plus de deux décennies.

De l’idéologie au pragmatisme

La législation initiale, adoptée en 2003 grâce à un partenariat entre les Verts d’Ecolo et les libéraux francophones du MR, visait à éliminer totalement l’énergie nucléaire d’ici 2025. À l’époque, ce revirement était considéré comme une initiative avant-gardiste, s’inscrivant dans le cadre d’une transition européenne plus large vers les énergies renouvelables et s’éloignant des dangers perçus de la technologie nucléaire.

Cependant, le ministre de l’Énergie, Mathieu Bihet, a récemment qualifié la décision de relancer l’exploitation nucléaire de revirement « pragmatique », admettant que la sortie initiale du nucléaire était motivée par la conviction idéologique que les énergies vertes pourraient entièrement remplacer l’énergie nucléaire.

Les énergies renouvelables

Les réalités actuelles ont remis en cause ces hypothèses initiales. En 2023, les énergies renouvelables ne représentaient que 14,7 pour cent de la consommation énergétique totale de la Belgique. Ce déficit, combiné à des besoins croissants en électricité, à une dépendance persistante aux combustibles fossiles et à diverses crises énergétiques, a conduit le gouvernement à revoir sa position. C’est ce qu’écrit The Brussels Times.

Recherche

Le dernier financement, octroyé dans le cadre de l’appel à projets final du Fonds de transition énergétique (FTE), soutiendra huit projets spécifiques sélectionnés parmi 41 candidatures. Ces initiatives, proposées par diverses entreprises, pôles de recherche et universités, ont été choisies en fonction de leur capacité d’innovation, de leur impact sur la décarbonisation et de leur aptitude à garantir un approvisionnement énergétique stable.

Selon Damien Ernst, spécialiste de l’énergie, cet investissement va au-delà des simples infrastructures ; il s’agit de préserver l’infrastructure intellectuelle du pays. En investissant dans la recherche, la Belgique vise à retenir les ingénieurs et les scientifiques indispensables au maintien d’un écosystème d’innovation sophistiqué. Une grande partie des fonds est consacrée aux petits réacteurs modulaires (SMR) — qui sont plus polyvalents et plus rapides à construire que les centrales traditionnelles — ainsi qu’à la recherche sur l’énergie de fusion.

Donner la priorité au capital humain

Bien que la somme de 10,79 millions d’euros soit modeste par rapport au coût de construction de nouvelles centrales, Ernst fait valoir que sa véritable valeur réside dans le développement du capital humain. Il suggère que, pour que cette transition soit couronnée de succès, de tels investissements doivent devenir une pratique permanente plutôt qu’un geste ponctuel.

Cette dernière subvention marque la fin du Fonds pour la transition énergétique, qui a distribué près de 200 millions d’euros à 140 projets au cours des dix dernières années, renforçant ainsi le partenariat entre les secteurs industriels et les établissements universitaires. (fc)

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