Principaux renseignements
- La Belgique dépasse les taux d’accès à Internet de l’UE malgré un déficit persistant en matière de compétences numériques.
- Le statut socio-économique et l’âge sont les principaux facteurs d’exclusion moderne, au-delà de la simple connectivité.
- Une nouvelle législation garantit des alternatives non numériques afin d’assurer un accès inclusif aux services publics.
Bien que la Belgique réalise des progrès considérables en matière de développement numérique, la fracture numérique au sein de la population persiste. Les données du SPF Économie indiquent que l’utilisation d’Internet est très répandue, avec plus de 95 pour cent de la population accédant régulièrement au Web – un chiffre qui dépasse la moyenne de l’Union européenne. De plus, le pourcentage de personnes n’ayant jamais utilisé Internet en Belgique est près de deux fois moins élevé que la moyenne de l’UE.
Fossé en matière de compétences numériques
Malgré un niveau élevé de connectivité, la maîtrise du numérique est une autre affaire. Environ 61,22 pour cent des Belges possèdent des compétences numériques de base, ce qui dépasse la moyenne de l’UE mais reste en deçà de l’objectif de 80 pour cent fixé pour 2030.
Ces compétences essentielles comprennent la capacité à gérer ses opérations bancaires en ligne, à effectuer des démarches administratives, à protéger ses données personnelles et à vérifier l’exactitude des informations trouvées sur Internet. Sur une note positive, on observe une tendance croissante chez les Belges à recouper les informations, ce qui suggère une amélioration globale de l’éducation aux médias.
Fracture numérique moderne
La fracture numérique moderne ne se limite plus au simple accès à Internet. Elle englobe désormais le manque de matériel nécessaire, tel que les ordinateurs et les smartphones, ainsi que l’incapacité à utiliser efficacement les outils numériques dans le cadre professionnel ou pour accéder aux services publics.
Certaines personnes choisissent également délibérément de ne pas s’intégrer dans le monde numérique.
Groupes démographiques vulnérables
Certains groupes démographiques sont particulièrement exposés. Les personnes âgées de 55 à 74 ans sont considérées comme un groupe à risque qui peut être confronté à l’exclusion numérique sans un accompagnement adapté. Le niveau d’éducation joue également un rôle majeur, puisque près de 10 pour cent des personnes ayant un faible niveau d’éducation n’ont jamais utilisé Internet, contre moins de 1 pour cent des citoyens hautement qualifiés. Des disparités entre les sexes existent également, en particulier au sein des populations les plus vulnérables.
Garantir une gouvernance inclusive
Pour lutter contre cette exclusion, la ministre de la Numérisation, Vanessa Matz (Les Engagés), a souligné la nécessité d’une gouvernance inclusive. Une nouvelle législation garantit désormais trois alternatives non numériques pour les procédures administratives fédérales, permettant ainsi aux personnes ne disposant pas des compétences ou des équipements technologiques nécessaires d’accéder aux services publics par courrier, par téléphone ou en personne. L’objectif est de moderniser l’État sans créer de nouvelles barrières à l’accès.
Lien Meurisse, représentant le SPF Économie, a souligné qu’une véritable transformation numérique exige que chacun dispose des outils et des connaissances nécessaires pour y participer. Pour y remédier, l’appel à projets 2026 mettra l’accent sur le renforcement de la culture numérique, l’amélioration de l’accessibilité des services en ligne et l’encouragement d’un plus grand nombre de femmes à intégrer le secteur des TIC.
(at)
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