La Belgique devance les Pays-Bas en matière de préparation des entreprises à l’IA


Principaux renseignements

  • Les entreprises belges augmentent considérablement leurs investissements dans l’IA, mais peinent à déployer cette technologie à grande échelle dans leurs opérations.
  • La mauvaise qualité des données reste le principal obstacle à un déploiement à grande échelle de l’IA.
  • Une infrastructure obsolète et une gestion des risques insuffisante freinent la transition vers des flux de travail entièrement automatisés.

Le dernier Enterprise AI Maturity Index de ServiceNow met en évidence une contradiction frappante dans le paysage entrepreneurial belge : alors que les investissements financiers dans l’IA augmentent considérablement, la mise en œuvre pratique stagne.

Malgré une augmentation massive de 121 pour cent des dépenses en IA au cours de l’année écoulée, de nombreuses organisations peinent à passer de projets expérimentaux à une utilisation opérationnelle à grande échelle. Les projections suggèrent que d’ici 2027, l’IA représentera un cinquième de l’ensemble des budgets informatiques.

Position de la Belgique

En termes de préparation, la Belgique affiche un score de maturité de 51 sur 100. Le pays se situe ainsi légèrement derrière l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, même s’il obtient de meilleurs résultats que les Pays-Bas.

Ce score reflète un décalage entre les objectifs ambitieux et la réalité quotidienne ; alors que les scores relatifs à la qualité des données (56) et aux contrôles réglementaires (54) sont modérés, l’intégration de l’IA dans les tâches professionnelles quotidiennes constitue le maillon faible, avec un score de seulement 38. Cette tendance se retrouve dans toute l’Europe et au Moyen-Orient, ce qui suggère une difficulté générale à intégrer l’IA dans les flux de travail habituels des entreprises.

Écart entre investissement et mise en œuvre

Selon Steven Moerman, directeur national de ServiceNow Belgique, l’ambition est bien présente, mais le lien entre investissement et mise en œuvre fait défaut. Le principal obstacle est un manque de préparation fondamentale. Plus précisément, 69 pour cent des dirigeants belges citent des données de mauvaise qualité ou incomplètes comme le principal frein au progrès.

Quatre obstacles structurels à la mise en œuvre à grande échelle de l’IA

L’étude identifie quatre goulots d’étranglement systémiques qui empêchent l’adoption évolutive de l’IA :

  • Premièrement, l’accessibilité et la précision des données restent problématiques pour la majorité des dirigeants.
  • Deuxièmement, la gestion des risques est très peu développée, seules 15 pour cent des entreprises belges testant et régissant efficacement leurs systèmes d’IA.
  • Troisièmement, les infrastructures héritées continuent de freiner les progrès, puisque seules 15 pour cent des entreprises ont migré vers des plateformes intégrées, laissant l’IA fonctionner sur des systèmes obsolètes et fragmentés.
  • Enfin, si 45 pour cent des entreprises belges utilisent bel et bien l’« IA agentique », seules 8 pour cent s’en servent pour automatiser des processus de bout en bout. À l’heure actuelle, l’IA sert davantage d’outil d’aide aux collaborateurs que de catalyseur d’une refonte fondamentale du flux de travail.

Méthodologie de l’étude

Ces données ont été recueillies par ThoughtLab pour le compte de ServiceNow, dans le cadre d’une enquête menée auprès de plus de 4 700 cadres supérieurs dans 16 pays. L’analyse s’est concentrée sur sept dimensions clés, notamment la vision stratégique, la culture d’entreprise, le recrutement de talents et la valeur réelle générée par les technologies d’IA. (lv)

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