Principaux renseignements
- La Belgique arrive en tête de l’Union européenne en ce qui concerne le nombre d’adolescents vivant dans des foyers où l’activité professionnelle est quasi inexistante.
- Des obstacles systémiques, tels que la discrimination raciale et les problèmes de santé, entravent l’accès au marché du travail.
- La rigidité des structures éducatives perpétue un cycle de pauvreté intergénérationnelle.
Des données récentes d’Eurostat indiquent que la Belgique présente la plus forte proportion d’adolescents vivant dans des foyers où l’activité professionnelle est minime au sein de l’Union européenne. Environ 10,6 pour cent des personnes âgées de 15 à 19 ans en Belgique résident dans des ménages où les adultes ont été largement inactifs sur le marché du travail au cours de l’année écoulée, dépassant la moyenne de l’UE qui s’élève à 7,7 pour cent.
Parmi les autres pays présentant des taux élevés, on trouve l’Irlande, la France, l’Allemagne et la Lituanie. Bien que les chiffres de la Belgique aient baissé depuis 2022, le pays reste systématiquement en tête du classement.
Obstacles systémiques
Ce problème est particulièrement aigu à Bruxelles, qui se classe au deuxième rang des régions les plus touchées de l’UE, avec 22,1 pour cent de sa population totale vivant dans des environnements à faible intensité d’emploi.
Les experts attribuent cette tendance à plusieurs facteurs, notamment une forte prévalence de problèmes de santé chroniques qui empêchent les habitants de travailler. De plus, les données du ministère belge de la Sécurité sociale suggèrent que les groupes marginalisés – en particulier les personnes en situation de handicap et les immigrés non ressortissants de l’UE – sont confrontés aux plus grands obstacles à l’emploi. Des recherches menées par l’université de Gand et la VUB soulignent en outre que la discrimination raciale à l’embauche persiste, ce qui conduit à suggérer l’adoption de processus de recrutement « à l’aveugle ». C’est ce qu’écrit The Brussels Times.
Le rôle de l’éducation
Le système éducatif belge est également critiqué pour perpétuer ce cycle. Mart Leys, de l’association caritative de lutte contre la pauvreté Decennium Dolen, affirme que la sélection scolaire précoce et les redoublements fréquents limitent les perspectives d’avenir des jeunes défavorisés, consolidant ainsi la pauvreté intergénérationnelle.
Cet « effet de reproduction sociale » signifie que les enfants élevés dans des foyers pauvres ou sans emploi sont nettement plus susceptibles de connaître des difficultés financières à l’âge adulte. Statbel indique que la moitié des personnes ayant connu de graves difficultés financières à l’adolescence restent exposées au risque d’exclusion sociale à l’âge adulte, contre moins de 10 pour cent de celles issues de milieux aisés.
Solutions proposées
Pour remédier à ce manque de mobilité sociale, une simple réforme de l’éducation ne suffit pas. Masimiliano Mascherini, d’Eurofound, suggère que les décideurs politiques doivent prendre en compte les conditions de vie dans leur ensemble afin d’aider les jeunes à acquérir leur indépendance et à échapper à des environnements familiaux instables.
De même, Claudia Pinto, du Forum européen de la jeunesse, plaide pour que l’aide sociale soit dissociée du statut professionnel afin de briser le cycle de la pauvreté. Elle souligne que la hausse des coûts du logement, la précarité du marché du travail et les obstacles liés à l’âge en matière de sécurité sociale rendent de plus en plus difficile pour les jeunes de maintenir une stabilité financière.
(at)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

