La BCE se juge ‘prête à prendre les mesures appropriées’ face au coronavirus, la croissance belge au plus bas

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La Banque centrale européenne est ‘prête à prendre les mesures appropriées’ face aux risques que la progression du coronavirus fait courir à l’économie, a indiqué lundi soir sa présidente dans un communiqué.

‘L’épidémie de coronavirus est une situation qui se développe rapidement, ce qui génère des risques pour les perspectives économiques et le fonctionnement des marchés financiers’, souligne le texte de Christine Lagarde.

‘La BCE suit de près les développements et leurs implications pour l’économie, l’inflation à moyen terme’, ajoute le communiqué. ‘Nous nous tenons prêts à prendre les mesures appropriées et ciblées qui seraient nécessaires.’

Vendredi, le président de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell avait aussi assuré que son institution était prête à intervenir si nécessaire face aux effets de l’épidémie sur l’économie, tout en jugeant ‘solides’ les ‘fondamentaux de l’économie américaine’.

‘Le coronavirus pose un risque croissant pour l’activité économique », estimait-il dans un communiqué.

Lundi, du fait des conséquences du nouveau coronavirus, l’OCDE a nettement abaissé sa prévision pour l’économie mondiale, attendue désormais en croissance de seulement 2,4% cette année. L’organisation internationale a prévenu que le monde pourrait même connaître une récession lors du premier trimestre.

Les Bourses occidentales ont plongé la semaine dernière d’une manière inédite depuis 12 ans.

La croissance belge à son plus bas

La propagation rapide du coronavirus en Europe a de graves conséquences pour l’économie belge. Trois grandes banques sur quatre revoient à la baisse leurs perspectives de croissance pour 2020, selon une enquête menée par De Tijd mardi. La prévision de croissance moyenne des quatre banques passe de 1 à 0,8 %. La croissance économique de notre pays n’a pas été aussi faible depuis 2013.

Jan Van Hove, l’économiste en chef de la KBC, note qu’il y a deux raisons pour lesquelles il abaisse les prévisions de croissance de l’économie belge à 0,8 %. ‘L’impact économique important du virus en Italie et en Allemagne a un impact négatif sur nos exportations. La Belgique est vulnérable à une interruption des lignes d’approvisionnement internationales. De plus, le coronavirus pèse sur la confiance des consommateurs. En conséquence, la croissance de la consommation sera faible’.

‘Les approvisionnements en provenance de Chine sont perturbés’, souligne Philippe Ledent, économiste chez ING. ‘En outre, de plus en plus d’événements sont annulés. Nous prévoyons une contraction de l’économie au premier trimestre et une croissance proche de zéro au deuxième’. ING abaisse ses prévisions de croissance à 0,7 %.

Annelore Van Hecke, économiste chez Belfius, est moins pessimiste. ‘Notre scénario de base suppose que le virus est maîtrisé relativement rapidement et qu’il n’y aura un impact qu’au premier trimestre. De plus, la confiance des consommateurs est encore relativement élevée. Nous abaissons nos prévisions de croissance à 1 %’.

BNP Paribas Fortis a réduit ses prévisions de croissance à 0,7 % il y a deux semaines et n’exclut pas une nouvelle réduction.

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