Principaux renseignements
- La Banque centrale de Turquie devrait maintenir ses taux d’intérêt à 37 pour cent malgré la hausse de l’inflation.
- Les conflits géopolitiques et les flambées des prix de l’énergie épuisent les réserves de change et déstabilisent la livre turque.
- L’instabilité économique oblige à faire un choix difficile entre le maintien des taux et une hausse pour synchroniser le financement.
Dans un contexte de ralentissement économique et de faible demande de devises étrangères, la banque centrale turque devrait maintenir son taux d’intérêt de référence actuel. Malgré les pressions inflationnistes liées au conflit en Iran, une majorité des 21 économistes interrogés par Bloomberg prévoit que le taux repo à une semaine restera à 37 pour cent lors de la réunion de jeudi, ce qui marquerait le troisième maintien consécutif de ce taux. Seuls quelques analystes, dont ceux de JPMorgan Chase, prévoient une hausse à 40 pour cent.
Stratégie monétaire et épuisement des réserves
Sous la direction du gouverneur Fatih Karahan, l’autorité monétaire a mis en œuvre des mesures de resserrement sans ajuster le taux directeur depuis le début de la guerre en Iran. Cette approche a consisté à suspendre les prêts au taux de 37 pour cent et à passer à un taux au jour le jour plus élevé, fixé à 40 pour cent.
Pour stabiliser la livre turque, la banque a eu recours à des swaps et à des ventes d’or, bien que les réserves de change brutes aient chuté de 20 milliards de dollars (17 milliards d’euros) depuis le début des hostilités.
Crise énergétique et pressions inflationnistes
Les tensions économiques ont été exacerbées par la fermeture du détroit d’Ormuz, qui a fait flamber les prix de l’énergie pour la Turquie, grand importateur de gaz et de pétrole. Cette volatilité a alimenté une hausse de l’inflation annuelle pendant deux mois consécutifs.
Si certains experts estiment que les données corrigées montrent une tendance positive des prix à la consommation, le consensus général suggère que l’inflation terminera l’année à près de 30 pour cent, dépassant la projection de 26 pour cent de la banque centrale.
Orientations économiques contradictoires
Hande Kucuk, de Bank of America Securities, suggère que la stagnation de la demande de devises étrangères de la part des particuliers et la croissance décevante du PIB au premier trimestre justifient le maintien des politiques actuelles jusqu’à ce que la situation géopolitique en Iran se stabilise.
Parallèlement, le gouverneur Karahan a donné des orientations contradictoires, défendant les décisions de statu quo précédentes en s’appuyant sur des perspectives d’inflation stables à long terme, tout en mettant en garde contre une divergence persistante entre les taux directeurs et les taux de financement effectifs.
Instabilité politique
Certains experts, tels que l’ancienne économiste de la Fed Selva Demiralp, affirment qu’une hausse du taux à 40 pour cent permettrait de synchroniser les niveaux de financement sans intensifier le resserrement effectif.
Demiralp préconise une hausse en raison de la guerre en cours et de l’instabilité politique intérieure, qui ont ébranlé les investisseurs. Cette instabilité a été mise en évidence en mai lorsque la destitution du chef du Parti républicain du peuple a entraîné des dépenses estimées à 13 milliards de dollars (11 milliards d’euros) pour protéger la monnaie nationale.
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