Joe Biden en croisade contre l’obsolescence programmée

Le président américain veut imposer aux grandes firmes de rendre leurs produits aisément réparables. Une manière de réduire la quantité de déchets de haute technologie, difficiles à traiter.

Depuis qu’il s’est emparé du bureau ovale, Joe Biden prend le contrepied total de son prédécesseur et veut guider l’Amérique dans une nouvelle direction, entre autres plus écologique. Il a décidé de réduire la quantité de déchets produits par le pays en s’attaquant directement à la source : les industries américaines qui n’assurent pas la réparation de leurs produits.

Cela pourrait être pris pour un combat anecdotique, mais pas du tout : les firmes américaines veulent éviter à tout prix d’être contrainte d’assurer un suivi de ce qu’elles mettent sur le marché, ou de commercialiser des pièces de rechange. Des marques comme Apple, Toyota ou Caterpillar mènent un lobbying intense pour contrecarrer la mise en place d’un Fair Repair Act dans 11 états américains. Une loi qui imposerait non seulement de commercialiser des pièces de rechange, mais aussi de fournir des guides d’entretien des appareils, ainsi que de retirer tout système de blocage empêchant les réparations, voire provoquant une obsolescence programmée. Des mesures qui permettraient une réduction significative de la masse de déchets de haute technologie, souvent très durs à traiter. Mais qui ne plait pas aux entreprises, qui préfèrent que le consommateur rachète un autre exemplaire. La palme de l’obsolescence programmée revenant au fabricant de tracteurs et d’engins agricoles John Deere, qui interdit toute réparation sur ses machines qui ne serait pas menée par une personne agréée par la firme.

Protection du consommateur

Pour lutter contre ces pratiques, Joe Biden veut mettre en place un plan global de protection des consommateurs. Il a aussi donné un ordre exécutif à la commission fédérale du commerce (FTC) et au Département de l’Agriculture (USDA), enjoignant à ces organismes régulateurs d’imposer des normes minimales de suivi et de réparation des produits vendus.

Les entreprises concernées préparent certainement une âpre bataille légale face au président, mais elles risquent de perdre celle de l’image. Car aux USA, les inspirations écologiques des consommateurs sont de plus en plus fortes. Et certaines marques, comme Apple, se sont toujours présentées comme en faveur de l’écologie, alors que leurs produits consomment des ressources rares et sont très peu recyclables. La marque à la pomme a d’ailleurs déjà traversé des démêlées avec la justice européenne pour des accusations d’obsolescence programmée de ses produits. Il est probable que les USA s’alignent sur l’Union européenne, beaucoup plus sévère sur le respect des droits des consommateurs et sur les obligations de garantie et de suivi.

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