Inquiétudes croissantes du secteur bancaire concernant des défauts de paiement

Un bar de la place Flagey à Bruxelles reste fermé en raison des mesures corona. EPA

Après la Banque centrale européenne, le FMI et la Banque nationale des Pays-Bas mettent en garde contre une explosion des défauts de paiement qui pourraient causer de graves problèmes aux banques. ‘La deuxième vague apporte une nouvelle incertitude’.

Selon tous les experts, le secteur bancaire s’est montré résistant aux chocs durant la crise du coronavirus. Elle reste fondamentalement différente de la crise financière de 2008-2009, pour ces trois raisons:

● En 2008, il s’agissait d’un problème interne au secteur bancaire – les crédits indésirables américains qui circulaient dans le monde entier – cette fois, il s’agit d’un choc externe, d’une crise sanitaire.

● Tant que les gouvernements continueront à absorber le choc économique en soutenant les entreprises et les ménages, les conséquences pour les banques resteront limitées.

● Enfin, les banques disposent aujourd’hui de plus grandes réserves que lors de la crise financière.

Deuxième vague

Pourtant, plusieurs superviseurs craignent une crise dans le secteur bancaire si la deuxième vague venait à provoquer une grande masse de faillites. Malgré les prévisions pessimistes, cela ne s’est pas produit lors de la première vague. Mais selon la Banque Centrale Européenne, les conséquences qu’un deuxième confinement serait cette fois désastreuses sur le secteur bancaire.

‘L’impact économique de la crise ne s’est pas encore matérialisé et l’incertitude refait surface en raison de la deuxième vague d’infections’, écrit la Nederlandsche Bank, dans un rapport sur la solidité des banques néerlandaises.

‘Par exemple, les banques pourraient être touchées par une augmentation du nombre de faillites et des pertes de crédit, dès que les mesures gouvernementales temporaires seront supprimées.’

Une autre crainte est est de voir les entreprises et les consommateurs ne plus être capables de rembourser leurs prêts à temps, voire même plus du tout. Les banques se verront alors obligées de limiter la totalité de leurs prêts, ce qui pénalisera les entreprises saines qui ne pourront plus se financer.

PME

Les grandes banques telles que KBC et ING ont déjà renforcé leurs mesures pour recouvrer les créances impayées. Les superviseurs sont particulièrement préoccupés par les plus petites banques locales en Europe, car leur sort est directement lié à celui de leurs clients, les PME.

Si les petites et moyennes entreprises chavirent, par exemple dans l’hôtellerie et la restauration ou le tourisme, les petites banques se retrouveront en difficulté. En Europe, les PME représentent plus de la moitié du PIB et environ les deux tiers de l’offre de l’emploi. Cela peut avoir des conséquences sur la stabilité du système financier. En effet, ‘les PME dépendent presque entièrement du financement bancaire, elles peuvent être une source de problèmes, en particulier pour les banques régionales et les petites banques’, a indiqué le FMI mardi dans un rapport.

‘Ne retirez pas encore l’aide gouvernementale’

‘Il est absolument nécessaire d’éviter que la crise économique ne se répercute sur le secteur financier’, souligne la Nederlandsche Bank. ‘Les mesures de soutien des gouvernements, des banques centrales et des superviseurs limitent l’impact de la crise sur les entreprises et les ménages. Et donc également sur le secteur financier.’

Dans une phase ultérieure, les autorités devront réfléchir à la manière de diminuer ce soutien, continue la Nederlandsche Bank, mais ce n’est pas une priorité pour le moment.