Il y a maintenant une synagogue dans un pays arabe

Une communauté juive de Dubaï vient d’ouvrir la première synagogue des Émirats arabes unis. Cet événement montre que les attitudes à l’égard d’Israël s’assouplissent dans la région.

Les juifs font du commerce depuis des siècles dans le monde arabe, mais la plupart en ont été expulsés, ou ont émigré lorsque Israël a été fondé en 1948. L’ouverture de cette synagogue est donc symbolique du réchauffement des relations entre Israël et les différents états arabes.

Une communauté juive de moins en moins secrète

Au départ, il ne s’agissait que d’une villa dans un quartier calme, qui avait été louée il y a 3 ans par un groupe de juifs actifs dans les secteurs dubaïotes de la finance, du droit, de l’énergie et des diamants. Ils y avaient installé un local pour la prière, une cuisine cacher, et quelques chambres pour les visiteurs ou les membres de la communauté qui ne conduisent pas le jour du sabbat.

Les pratiquants qui fréquentent cette synagogue ont pendant longtemps demandé à leurs proches ou visiteurs de ne pas révéler l’endroit où elle était située, et de ne pas évoquer ses activités. Aux Émirats arabes unis, la majorité des gens  sont pro-palestiniens, et considèrent le rapprochement avec Israël comme une trahison. Mais la nouvelle tolérance du gouvernement pousse de plus en plus de juifs à s’enhardir à vivre ouvertement leur foi. La synagogue n’a pas encore de rabbin, mais lors des jours de sabbat et des fêtes religieuses, quelques douzaines des 150 membres de la communauté juive dubaïote se retrouvent dans cette villa pour prier ensemble. 

Israël n’est plus le plus grand ennemi de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis

En Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis, on considère désormais que l’Iran est un plus grand ennemi que l’État juif. En conséquence, ces pays ont conclu une sorte d’alliance informelle avec Israël, ce qui a permis de remettre en cause des interdits persistants.

Dans une interview qu’il a donnée à The Atlantic au mois d’avril, le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a ainsi indiqué que le peuple juif avait le droit de posséder sa propre patrie, Une déclaration d’autant plus remarquable, que jusqu’alors, le pays n’avait jamais reconnu officiellement Israël.

Le président américain, Donald Trump, cherche à négocier un accord de paix, et exhorte ses alliés arabes à négocier avec les palestiniens et Israël pour résoudre leurs conflits. Au mois d’octobre, le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, s’est rendu au sultanat d’Oman, tandis que 2 des ministres de son gouvernement se sont déplacés quelques jours plus tard aux Émirats arabes unis.
Et lorsque le Prince saoudien Mohammed ben Salmane a fait l’objet d’un opprobre international quand on l’a accusé d’avoir commandité le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, le premier ministre israélien a ouvertement prie sa défense.

Un ministre de la Tolérance aux Emirats arabes unis

Les Émirats arabes unis, qui cherchent à exploiter tout leur potentiel de croissance, sont particulièrement désireux de donner l’image d’un pays ouvert, et ont supprimé certaines restrictions qu’ils avaient imposées aux religions autres que l’islam.

Au mois de novembre, le pays a nommé le Cheikh Nahyan ben Moubarak ministre de la Tolérance. Ce dernier a soutenu un « sommet de la tolérance mondiale », qui accueillit 1200 musulmans, chrétiens, hindous, juifs et des adeptes d’autres religions. « Le pluralisme doit devenir une force créative et positive pour le développement et la stabilité », a déclaré le ministre à cette occasion.

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