Il y a de fausses traces de vie sur Mars, et elles risquent bien de tromper les chercheurs

Jusqu’à présent, les recherches de traces de vie sur Mars n’ont pas porté leurs fruits. Avec Perseverance, sur place depuis février, les scientifiques espèrent que leurs connaissances vont faire de grands progrès. Mais des chercheurs britanniques mettent en garde leurs confrères: gare aux faux fossiles.

Depuis son arrivée sur Mars, Perseverance a déjà livré des dizaines de milliers de clichés de très haute qualité. De plus, une de ses principales missions consiste en l’extraction de fragments de roche, qui seront par la suite ramenés sur Terre pour être soumis à une analyse inédite. La NASA, qui pilote l’opération, espère ainsi réussir à déterminer si, oui ou non, la planète rouge a un jour abrité de la vie.

Dans ce contexte enthousiasmant, des chercheurs des universités d’Oxford et d’Edimbourg (Royaume-Uni) viennent de publier une étude mettant en garde face à tout excès d’optimisme. Ils préfèrent prévenir: il y a de « faux fossiles » sur Mars.

De quoi s’agit-il ?

Dans leur étude, les chercheurs expliquent que nous n’avons pas encore une connaissance parfaite de ce à quoi ressemble de vrais fossiles, qui sont normalement des débris ou des empreintes de plante ou d’animal, ensevelis dans les couches rocheuses antérieures à la période géologique actuelle, et qui s’y sont conservés.

Cela signifie que lors des recherches sur Mars, on pourrait croire identifier des fossiles qui n’en sont pas. Les auteurs de l’étude passent en revue les processus connus susceptibles d’avoir produit de fausses biosignatures (des preuves de vie) sur Mars. Ces processus ont souvent généré des dépôts qui ressemblent à des cellules bactériennes et des molécules à base de carbone fort semblables aux éléments constitutifs de toute vie connue. Mais qui sont d’origine géochimique.

« Les processus imitant la vie nous ont trompés dans le passé. À de nombreuses reprises, des objets ressemblant à des microbes fossiles ont été décrits dans des roches anciennes sur Terre et même dans des météorites provenant de Mars. Pourtant, après un examen plus approfondi, ils se sont avérés avoir des origines non biologiques. Cet article est une mise en garde dans laquelle nous appelons à poursuivre les recherches sur les processus imitant la vie dans le contexte de Mars afin d’éviter de tomber dans les mêmes pièges encore et encore », explique Julie Cosmidis, professeur associé de géobiologie à l’université d’Oxford.

Exemples de spécimens d’origine géochimique qui pourraient être confondus avec des fossiles. (MCMAHON & COSMIDIS/JOURNAL OF THE GEOLOGICAL SOCIETY)

« Le retour d’échantillons de Mars ne résoudra pas nécessairement le problème »

Ce travail est très utile, dans la mesure où il doit permettre de ne pas commettre les mêmes erreurs, mais il est encore incomplet. Les chercheurs appellent à poursuivre les études afin d’appréhender l’ensemble des processus générant de faux fossiles. Auquel cas nous pourrions nous diriger vers de fausses joies dans les prochaines années. Comme, par exemple, consacrer énormément de temps et d’argent à ce que l’on pense être une trace de vie, avant de finalement se rendre compte que cela n’en est pas une.

« À un moment ou à un autre, un rover martien trouvera très certainement quelque chose qui ressemble à un fossile. Il est donc vital de pouvoir les distinguer avec certitude des structures et des substances issues de réactions chimiques. Pour chaque type de fossile existant, il y a au moins un processus non biologique qui crée des choses très similaires, il y a donc un réel besoin d’améliorer notre compréhension de leur formation », détaille le Dr Sean McMahon, de la School of Physics and Astronomy de l’université d’Edimbourg.

« Le retour d’échantillons de Mars ne résoudra pas nécessairement une fois pour toutes le problème de l’existence d’une vie (ancienne) sur cette planète », concluent logiquement les chercheurs.

Plus
My following

UCB vend les droits sur le zampilimab à Chiesi

30/11/2021 06:52

(ABM FN) UCB a vendu les droits de développement et de vente du zampilimab à Chiesi. C'est ce qu'a annoncé mardi matin le pharmacien basé à Bruxelles, sans fournir de détails financiers concrets.

UCB recevra un paiement initial, mais aura également droit à des paiements d'étape et à des redevances à l'avenir si le médicament est vendu. 

Le zampilimab est un anticorps monoclonal dirigé contre la transglutaminase 2 (TG2), une enzyme associée aux maladies fibrotiques. 

Lire plus...
Marchés
Lire plus...
Marchés
My following
Marchés
BEL20