Principaux renseignements
- Les conditions météorologiques extrêmes provoquent à la fois des dommages visibles sur le verre et des microfissures invisibles dans les panneaux solaires.
- Les toits à forte pente dévient l’énergie d’impact, ce qui augmente la résistance des panneaux.
- Les polices d’assurance habitation couvrent les dégâts causés par les tempêtes, car les garanties des fabricants excluent les catastrophes naturelles.
Les phénomènes météorologiques, tels que les fortes tempêtes de grêle, les vents violents et la foudre, constituent les principales menaces environnementales pour les installations solaires résidentielles. Bien que la plupart des panneaux certifiés soient conçus pour résister à des chocs importants, leur niveau de vulnérabilité dépend de leur conception, de l’inclinaison du toit et de la qualité du système de fixation.
Les dégâts ne se limitent pas toujours à des vitres fissurées : des microfissures invisibles peuvent réduire le rendement des panneaux et entraîner des frais de réparation imprévus. La prise en charge des dégâts par l’assurance et les démarches à effectuer en cas de remplacement des panneaux dépendent des conditions du contrat d’assurance et des règles en vigueur auprès du gestionnaire de réseau. Business AM vous explique les points auxquels prêter attention en cas de dommages à vos panneaux solaires.
Durabilité et normes techniques
La plupart des panneaux solaires modernes sont conformes à la norme internationale CEI 61215, qui certifie qu’ils peuvent résister à des grêlons de 25 mm se déplaçant à environ 80 km/h.
Cependant, le fait d’être « résistant à la grêle » ne signifie pas qu’ils sont indestructibles. L’énergie d’impact augmente considérablement avec la taille des grêlons. Par exemple, des grêlons dépassant 40 mm peuvent briser le verre de nombreux modules courants.
Compromis liés à la composition du verre
Il existe un compromis technique concernant la composition du verre. Les panneaux verre-feuille traditionnels utilisent souvent un verre trempé plus épais (environ 3,2 mm), qui offre généralement une meilleure résistance aux chocs.
En revanche, de nombreux panneaux verre-verre modernes utilisent deux couches plus fines de verre renforcé thermiquement. Si les conceptions verre-verre protègent plus efficacement les cellules internes contre la dégradation environnementale, le verre extérieur plus fin peut être plus susceptible de se fissurer en cas de grêle extrême.
Risque de dommages invisibles
La rupture physique est le signe le plus évident des dégâts causés par les tempêtes, mais les « microfissures » constituent une menace plus insidieuse. Ces minuscules fractures au sein des cellules solaires sont invisibles à l’œil nu et n’entraînent souvent pas de baisse immédiate de la puissance. Cependant, au fil du temps, les fluctuations de température et les contraintes dues au vent peuvent agrandir ces fissures, créant potentiellement des « points chauds » qui réduisent de manière permanente le rendement.
Technologie de détection
La détection de tels dommages nécessite une technologie spécialisée. Si les caméras thermiques permettent d’identifier les points chauds existants, l’imagerie par électroluminescence (EL) ou par fluorescence UV est nécessaire pour repérer les microfissures avant qu’elles ne se transforment en défaillances majeures.
Facteurs d’influence : installation et géométrie
L’emplacement physique du système influe sur sa résilience. Les panneaux installés sur des toits plats (à des angles de 10 à 15 degrés) sont plus vulnérables, car la grêle tombe généralement à la verticale, frappant la surface avec une force maximale. Des angles plus prononcés permettent à la grêle de dévier, réduisant ainsi l’énergie d’impact.
De même, une fixation solide est essentielle. Une fixation défaillante peut permettre au vent de soulever les bords des panneaux, provoquant des contraintes structurelles ou un détachement.
Évaluation et remise en état après une tempête
À la suite d’intempéries violentes, les propriétaires doivent procéder à une vérification en deux étapes. Tout d’abord, une inspection visuelle à distance de sécurité (à l’aide de jumelles ou du zoom d’un smartphone) permet d’identifier les vitres fissurées ou les cadres mal fixés.
Ensuite, une consultation de l’application de surveillance de l’onduleur peut révéler des baisses soudaines de la production d’énergie par rapport aux journées ensoleillées précédentes. En cas de doute, l’installateur peut utiliser des équipements spécialisés pour détecter des dommages invisibles à l’œil nu.
Mesures recommandées
En cas de suspicion de dommages, les mesures suivantes sont recommandées :
- Documenter les lieux à l’aide de photographies, notamment en prenant des clichés des grêlons à côté d’une règle.
- Vérifier, via le système de monitoring, si la production d’énergie diffère de celle enregistrée lors de journées similaires avant l’épisode de grêle ou la tempête. Vérifier également si l’onduleur signale un défaut d’isolement ou ne démarre plus, car cela peut indiquer des dommages causés par les intempéries.
- Contacter l’entreprise d’installation pour obtenir une évaluation professionnelle et un devis de réparation.
- Prévenir immédiatement l’assureur.
- Signaler toute modification au gestionnaire de réseau (par exemple, Fluvius).
Couverture d’assurance et de garantie
Il est essentiel de faire la distinction entre les garanties du fabricant et les polices d’assurance. Les garanties produit couvrent les défauts de fabrication mais excluent explicitement les «cas de force majeure» tels que la foudre, les ouragans ou la grêle. Par conséquent, les frais de remise en état sont généralement pris en charge par l’assurance habitation ou l’assurance incendie, selon Assurances.be.
Spécificités de l’assurance en Belgique
En Belgique, la plupart des polices d’assurance incendie incluent automatiquement les panneaux solaires installés sur le toit. Il est toutefois conseillé d’en informer explicitement l’assureur après l’installation afin de s’assurer que le montant de la couverture est suffisant. Les détails spécifiques des polices, tels que les franchises ou la couverture des microfissures non visibles, varient selon les assureurs.
Avant d’envisager de souscrire une assurance tous risques auprès de l’installateur, vérifiez d’abord si une telle couverture est déjà incluse dans votre assurance incendie. Vous éviterez ainsi d’être assuré deux fois pour les mêmes risques.
Certificats verts et conformité
Les bénéficiaires de certificats verts doivent faire preuve de prudence lors des réparations. Pour conserver leur éligibilité, les panneaux endommagés doivent généralement être remplacés à raison d’un pour un par des modèles identiques ou similaires, et le remplacement doit également être officiellement signalé au gestionnaire de réseau (par exemple, Fluvius), avec des justificatifs attestant des dégâts.
Le non-respect de ces démarches peut entraîner le refus des modifications par le gestionnaire de réseau, voire la perte du droit aux certificats verts.
(at)
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