Après la « Grande Démission, une « Grande Féminisation » du monde du travail ?

Les femmes retournent sur le marché du travail américain, mais pas les hommes. Et les emplois considérés comme « plutôt masculins » ou « plutôt féminins » le sont de moins en moins dans la réalité.

Pourquoi est-ce important ?

La pandémie a provoqué de nombreux effets secondaires inattendus sur le marché du travail, dont un "great quitting" qui avait laissé de nombreux postes vacants. Ceux-ci sont en train d'être réoccupés, mais pas par les mêmes profils.

Dans l’actualité : Selon les dernières statistiques américaines, les hommes restent plus nombreux à quitter précocement la vie active, tandis que les femmes y retournent.

  • En mai dernier, on estimait que 38 millions d’Américains avaient quitté leur emploi en 2021 pour volontairement se retirer du marché du travail. Un phénomène mondial, bien que moins aigu dans d’autres parties du monde, qui a été baptisé le « great quitting« .
  • Il s’avère maintenant que celui-ci n’est pas homogène selon les genres. Ces derniers mois, les femmes âgées de 30 à 44 ans sont plus nombreuses à rejoindre la population active, et ce dans une proportion plus élevée qu’avant la pandémie selon le National Women’s Law Center.
  • Sur les 263.000 emplois créés dans l’économie américaine le mois dernier, 61,6 % sont occupés par des femmes. À l’inverse, la population masculine active (qui a un emploi ou qui en cherche un) parmi la tranche d’âge 30-34 ans est passée de 90,2 % en février 2020 à 89,8 % le mois dernier.

Papa s’occupe des enfants, maman construit des immeubles

Vers un effritement des rôles genrés ?

  • Difficile de faire des généralités, mais la première cause avancée par de nombreux hommes trentenaires pour se retirer du marché du travail est d’avoir plus de temps disponible en famille, et surtout pour s’occuper des enfants.
  • Mais ce n’est pas la seule raison: « Les économistes ne savent donc pas exactement ce qui se passe avec ces hommes » admet auprès de CNN Richard V. Reeves, chercheur principal à la Brookings Institution. « Certaines des principales théories sont qu’ils se retirent à cause de problèmes d’invalidité dans de nombreux cas, des problèmes de santé mentale. »
  • De l’autre côté, le retour en force des femmes sur le marché du travail s’accompagne d’un nombre sans précédent de femmes dans des secteurs professionnels toujours considérés comme très masculins. Aux États-Unis, les femmes représentent dorénavant 14,1 % du secteur de la construction. C’est encore très peu, certes, mais c’est en fait un record absolu, fait remarquer CNN.
  • De l’autre côté, le nombre d’hommes qui optent pour des carrières d’infirmiers, dans l’aide aux personnes, ou dans l’enseignement, augmente. Alors que tous ces secteurs étaient traditionnellement à majorité féminine.

« Les craintes d’une « récession féminine » se sont avérées largement infondées. Les femmes reviennent sur le marché du travail, et nous avons en fait constaté une augmentation assez importante de la part des femmes dans les rôles de gestion et de direction. »

Richard V. Reeves, chercheur principal à la Brookings Institution
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