Grande avancée pour les taxis sans conducteur: la Californie autorise les courses payantes

Isopix

La Californie autorise désormais des sociétés à demander de l’argent à leurs utilisateurs pour leurs trajets en taxi autonome. Une grande première, à l’échelle d’un État. Attention, la procédure prendra du temps.

On vient incontestablement de franchir un cap important concernant la popularisation des taxis autonomes. Depuis plusieurs années, ces véhicules sans conducteur circulent dans des zones bien précises, réparties aux quatre coins du monde. Jusqu’alors, il s’agissait d’essais. A de très rares exceptions près, ils ne rapportaient pas d’argent aux sociétés proposant les services de leurs taxis. Cela va changer.

La semaine dernière, la Commission des services publics de Californie (CPUC) a donné son feu vert pour autoriser les compagnies intéressées à organiser des courses payantes, rapporte The Verge.

Genevieve Shiroma, commissaire de la CPUC, a qualifié ces programmes de ‘mesures importantes pour soutenir notre étude sur la manière dont les flottes de véhicules autonomes peuvent être utilisées pour soutenir le réseau en tant que ressource de gestion de la demande, en concomitance avec nos efforts visant à intégrer le transport dans le secteur électrique’.

La Californie compte interdire la vente de nouveaux véhicules à moteur à combustion à partir de 2035.

Des mesures de sécurité très strictes

Concrètement, la Californie a lancé deux programmes: le ‘Drivered Autonomous Vehicle Deployment Program’ et le ‘Driverless Autonomous Vehicle Deployment Program’.

‘Ils permettent aux participants d’offrir un service aux passagers, de partager des trajets et d’accepter une compensation financière pour les trajets en véhicules autonomes’, a indiqué la CPUC dans un communiqué.

Évidemment, les sociétés intéressées par une adhésion à un de ces deux programmes devront montrer patte blanche. La Californie fait d’ailleurs partie des États américains les plus stricts en matière de sécurité entourant les véhicules autonomes.

En plus des normes de sécurité traditionnelles, les candidats devront soumettre un plan de sécurité spécifique aux passagers ‘à mobilité réduite, ayant une déficience visuelle ou d’autres handicaps’. Ils devront également proposer des solutions visant à empêcher la transmission du coronavirus à bord de leurs véhicules autonomes.

Une longue procédure

Faire homologuer tous leurs taxis autonomes aux normes de sécurité ne suffira pas aux sociétés pour se lancer dans les courses payantes. Afin de pouvoir adhérer à un des programmes, elles devront aussi s’engager à fournir aux autorités une quantité faramineuse de données. Elles concernent, entre autres, le nombre de kilomètre parcourus, le type de carburant utilisé ou encore les lieux de prise en charge et de dépôt des taxis.

La procédure, très lourde, devrait prendre plusieurs mois. Aucune société ne devrait donc pouvoir être autorisée à demander une rétribution pour ses courses avant 2021.

Actuellement, 60 sociétés ont l’autorisation de tester leurs taxis autonomes en Californie. La majorité d’entre elles doivent munir chacun de leur véhicule d’un conducteur de sécurité. Cinq entreprises – Cruise, Waymo, Nuro, Zoox et AutoX – sont à un stade plus avancé. Elles peuvent procéder à des essais sur la voie publique de taxis ne possédant aucune sécurité humaine dans l’habitacle.

Waymo se réjouit

Waymo, filiale d’Alphabet – maison-mère de Google – a été la première à se lancer dans un service commercial de taxi autonome, fin 2018, à Phoenix (Arizona).

Annabel Chang, cheffe de la politique nationale de Waymo, voit dans la décision de la Californie une étape cruciale pour la mise en circulation des véhicules plus autonomes.

‘Cette action, que nous attendions depuis longtemps, permettra à Waymo d’apporter, à terme, son service de transport routier entièrement autonome « Waymo One » au sein de son État d’origine’, a-t-elle déclaré.