Flamanville : bête noire d’EDF

L’usine dans l’Ouest de la France est un cauchemar pour Electricité de France SA. Un nouveau ‘hic’ fait exploser les coûts.

Le coût du réacteur de Flamanville augmente de 14% et plafonne à 13,6 milliards de dollars. Une difficulté supplémentaire pour le géant nucléaire, déjà forcé de vendre des actifs pour réduire sa dette ces dernières années.

L’usine a déjà 7 ans de retard, même si EDF affirme qu’elle sera en service pour 2022. Il s’agirait de soudures au centre du problème cette fois. Elles sont à réparer, et l’électricien responsable planche sur plusieurs scénarios. EDF se dit notamment favorable à l’utilisation de robots télécommandés, très précis.

Mais le temps d’analyser tous les scénarios possibles, de faire en choix, le mettre en place, réparer les soudures, puis faire valider ces réparations par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), voici la mise en service de Flamanville reportée de 3 ans. Encore.

Revers sur revers

Ce n’est malheureusement pas la première difficulté rencontrée par EDF sur ce projet. Les coûts ont déjà été revus plusieurs fois, et le réacteur de Flamanville a triplé son budget initial.

En comparaison, l’État français a estimé que le Royaume-Uni aurait construit deux réacteurs similaires, pour ce même budget. EDF affirme que toutes les difficultés rencontrées à Flamanville sont liées à une perte de savoir-faire. Et ce, car la France a minimisé ses constructions nucléaires au début du siècle.

L’Etat grince des dents

Les autorités françaises mettent EDF au pied du mur : d’ici le milieu de 2021, elle doit prouver qu’elle est capable de remplacer les 58 réacteurs vieillissants du territoire. Dans les temps, et à prix concurrentiels.

Le retard dans le projet de Flamanville risque d’avoir de lourdes conséquences sur l’alimentation électrique française cet hiver. En parallèle d’autres décisions liées à des réacteurs aux frontières, l’Etat envisage de prolonger deux centrales à charbon dans l’Ouest de la France, avec des limitations, à partir de 2022.