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Entre les États-Unis et la Chine, l’Allemagne marche sur un fil

Entre les États-Unis et la Chine, l’Allemagne marche sur un fil
Duits minister van Economie Robert Habeck. (Getty Images)

Berlin refuse de vendre ses entreprises de puces locales aux acteurs chinois, « nous ne sommes pas naïfs » vis-à-vis de la Chine, a réagi le gouvernement. Le plus probable est que l’Allemagne se positionne soigneusement entre Washington et Pékin.

Pourquoi est-ce important ?

Bien que l'Allemagne ait vendu une partie du port de Hambourg à l'entreprise chinoise Cosco, Berlin suit les directives de Washington en ce qui concerne les puces. Le pays a déjà déjoué à deux reprises un rachat par la Chine d'une entreprise allemande de fabrication de puces électroniques.

Les détails : Berlin tient bon et bloque une opération de rachat chinoise.

  • L’enjeu est un acteur du secteur des puces qui facilite la production des précieux semi-conducteurs : ERS Electronic. Ils fabriquent des supports thermiques qui serrent les plaquettes de semi-conducteurs pendant le processus de fabrication.
  • Robert Habeck, ministre allemand de l’Économie, a annoncé mercredi que l’accord n’aurait pas lieu. Habeck n’a pas mentionné le nom d’ERS, mais le Financial Times a pu apprendre par un initié quel fabricant de puces était impliqué.
  • La même semaine, Berlin a également fait échouer l’achat du fabricant de puces Elmos, basé à Dortmund, par le chinois Silex Microsystems.

L’Allemagne marche sur un fil

Lire entre les lignes : L’Allemagne veut rassurer à la fois Pékin et Washington.

  • Selon le gouvernement allemand, la prise de contrôle d’Elmos aurait menacé « l’ordre public et la sécurité » de l’Allemagne, sans donner d’autres explications. La saisie d’une partie du port de Hambourg ne semble toutefois pas présenter de risques, selon les autorités.
  • M. Habeck pense que la Chine veut étendre son emprise sur le secteur technologique en rachetant des entreprises étrangères spécialisées dans les puces électroniques. L’un des principaux objectifs est de rassembler des connaissances sur les machines utilisées pour fabriquer des semi-conducteurs.
  • En effet, la capacité de la Chine à produire ses propres puces (dont la plupart sont actuellement fabriquées à Taïwan et en Corée du Sud) est strictement circonscrite par les États-Unis. C’est la guerre des puces : les États-Unis ont demandé à plusieurs entreprises étrangères de cesser de vendre à la Chine des pièces destinées à la production de puces.

Berlin se livre donc à un dangereux exercice de funambulisme géopolitique, en essayant de garder la Chine et les États-Unis comme alliés.

BL

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