En France, les actionnaires du CAC 40 n’ont jamais été aussi bien rémunérés

Année record pour les actionnaires des groupes du CAC 40. Leurs dividendes n’ont jamais été aussi importants. Avec une progression de 12% par rapport à l’année dernière, le niveau de 2007 est dépassé, relate Les Echos.

Voilà qui devrait mal passer en pleine période de conflit sur les retraites. Poussés par une belle année 2019, les actionnaires du CAC 40 ont réalisé un profit exceptionnel, évalué à 60 milliards d’euros, dont 49,2 milliards sous forme de dividendes.

Selon la dernière étude annuelle réalisée par les auteurs de la lettre Vernimmen.net, il s’agit d’un record. On revient à des niveaux d’avant crise économique (2008-2009), voire supérieurs donc. ‘Cela rappelle en creux la violence de la dernière crise financière: en 12 ans, les liquidités rendues par les quarante plus grands groupes cotés à Paris ont crû de seulement 0,5% par an en moyenne’, explique Pascal Quiry, professeur à HEC, et co-auteur de la lettre.

Les rachats d’actions, à hauteur de 11 milliards d’euros, connaissent le même niveau que l’année dernière. On est bien loin des 19,2 milliards d’euros atteints en 2007, mais ils étaient inexistants entre 2007 et 2009, du coup cela montre une certaine confiance dans l’avenir. Notons que durant la même période, les dividendes ont eux peu baissé, passant de 38 à 27 milliards d’euros.

Mais…

Reste qu’il s’agit d’un bon indicateur de la santé économique des groupes du CAC 40. Les auteurs de l’étude estiment que les versements aux actionnaires ‘ne se font pas au détriment des investissements’. Pour eux, distribution et développement vont de pair. Ce serait ‘prouvé par les chiffres’. Illustration: les groupes qui ont procédé aux dix plus gros versements, ont aussi davantage progressé en matière d’investissements (+16,3 %).

Ces entreprises n’auraient pas non plus choyé leurs actionnaires au détriment d’un endettement excessif. Mais en pleine période de grève sur les retraites, il est certain que ces chiffres vont faire grincer quelques dents. Car si on ne doute pas de la bonne santé des groupes du CAC 40, on s’inquiète plus pour la redistribution des richesses, alors que, au niveau mondial, les 500 plus riches ont gagné… 1.000 milliards en 2019.

Huit sociétés sont à l’origine de plus de la moitié des versements. Total (8,5 milliards d’euros), Sanofi (3,8 milliards) et BNP Paribas (3,7 milliards) représentent à eux trois 27% des volumes. Les montants versés par les cinq autres groupes sont de 3,2 milliards pour Vivendi et AXA, 3 pour LVMH, 2,9 pour L’Oréal et 2,8 pour Engie.

La tendance devrait se poursuivre en 2020, révèlent encore les auteurs de l’étude.

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