En France, la Santé publique s’attend à une prolongation ‘très vraisemblable’ du confinement, et en Belgique ?

De Parijse lockdown – EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON

En Italie, c’est décidé, les mesures de confinement vont être prolongées au-delà de la date initialement prévue, soit au 3 avril. Un décret sur tout le pays interdit à 60 millions d’Italiens de sortir de chez eux, sauf en cas d’extrême nécessité. La France devrait faire de même, et les experts en Belgique ne s’attendent pas à autre chose.

La directrice générale de la Santé publique en France, Geneviève Chêne, n’a pas trop fait de mystère autour de la prolongation des mesures de confinement: ‘la prolongation sera très vraisemblablement nécessaire au-delà des 15 jours initiaux décrétés’, a-t-elle indiqué à France Info.

Le but de ces mesures est bien sûr d’infléchir cette courbe qui nous place tout droit sur le modèle italien, pays où le covid-19 est désormais le plus mortifère avec 3.405 décès, contre 3.245 pour la Chine.

La directrice pense que pic de l’épidémie en France surviendra ‘entre le premier et le deuxième mois’ qui suit les mesures. Elle s’attend donc à une inversion de la courbe ‘entre 45 et 60 jours à partir de maintenant, donc à la mi-mai’. Madame Chêne nuance toutefois sa réponse: ‘Il est vraisemblable qu’il y ait plus de cas en France que ceux qu’on peut arriver à confirmer chaque jour.’

Pour éviter la situation italienne, ‘il faudra jouer de toutes les mesures barrières, de distance, de confinement’. Et c’est bien là que le bât blesse. En France comme en Italie d’ailleurs où 40% de la population ne respecte pas trop les règles d’après une étude sur les déplacements des Italiens.

Belgique

En Belgique, les mesures de confinement ne sont pas aussi drastiques qu’en France et en Italie. Certes, seuls les déplacements essentiels sont autorisés, mais on peut par exemple se promener, faire du sport à deux. On voit d’ailleurs encore pas mal de monde sur la route, en voiture, même s’il y a clairement une baisse d’activité.

Dans l’émission C Dans l’Air, sur France 5, le Pr Bruno Lina, virologue au CHU de Lyon, était très clair: il déconseillait de se promener à deux le long du Rhône. À Bordeaux, les quais où se rendaient de nombreux promeneurs ont été interdits d’accès. Plusieurs plages le long du littoral au également subit le même sort.

La Libre a interrogé plusieurs experts sur la situation en Belgique. Si notre pays est relativement épargné par le nombre de décès, 21, et dispose d’une bonne couverture en termes d’hôpitaux, les mesures de confinement devraient là aussi être prolongée.

Le virologue Van Ranst, qui indiquait ce jeudi que fermer les écoles avait été une erreur, pense qu’on en en pour ‘deux mois’ minimums. Pour le docteur en santé publique Yves Coppieters, un confinement de ‘six semaines’ est une échéance théorique raisonnable. Les deux scientifiques pensent en tout cas que l’on sera autour du 4 avril, mais personne ne se fait vraiment d’illusion là-dessus.

L’objectif à long terme est de ne pas voir de recrudescence. Que ce soit par des vacances à l’étranger durant l’été, ou l’organisation de festivals internationaux sur notre territoire. Mais les experts le savent, beaucoup vont être confrontés au virus, sans doute une majorité même. Le tout est d’étendre l’épidémie dans le temps pour ne pas inonder notre système de soin de santé.