Embargo et plafonnement des prix : un embouteillage de pétroliers se forme au large de la Turquie

Selon le Financial Times, 19 pétroliers faisaient la file pour pouvoir transiter dans les eaux turques. Ankara contrôle si tous ces pétroliers sont bien assurés.

Pourquoi est-ce important ?

Depuis lundi, l'Union européenne a rendu effectif son embargo sur le pétrole et un plafonnement des prix à 60 dollars pour les pétroliers (assurés en Europe) et les entreprises européennes qui continuent de faire transiter du pétrole en dehors de l'Union. Un plafonnement qui est appliqué par l'ensemble du G7 d'ailleurs. L'immense majorité des pétroliers sont assurés en Europe. Un levier important, même si Moscou dit ne pas se préoccuper de ces sanctions.

Dans l’actu : ça bouchonne dans le détroit du Bosphore, qui relie la Mer noire à la Mer de Marmara.

  • Il s’agit de l’un des passages maritimes les plus fréquentés au monde : 48.000 navires traversent chaque année le détroit.
  • Plus de 3% de l’approvisionnement mondial passe par le détroit, principalement en provenance de Russie et de la mer Caspienne.
  • L’embouteillage signifie-t-il que le plafonnement posera plus de problème à la Russie qu’elle ne le dit ? En tout cas, la Turquie joue le jeu : les pétroliers assurés en Europe restent bloqués, en attente d’un contrôle. Les pétroliers assurés en Russie peuvent passer.

L’essentiel : faut-il s’attendre à une nouvelle envolée des prix ?

  • Après des prix qui ont largement dépassé la barre des 100 dollars, le baril de pétrole, tant le Brent que le WTI, sont rentrés dans les rangs ces derniers mois, à la grande frustration de l’Opep, le cartel des producteurs de pétrole.
  • Ce lundi, on pouvait s’attendre à une nouvelle envolée, mais elle n’a pas eu lieu : après une hausse en début de séance, le WTI a baissé de 0,05% en fin de journée, à 77 dollars. Le Brent a baissé de 0,08%, à 82 dollars. Ce n’est pas le raz de marée annoncé.
  • L’avenir est plus incertain, car ce plafonnement pourrait affecter la production mondiale : moins de pétrole sur le marché signifie des prix plus importants.
  • Mais il y a deux entraves à cette logique : d’abord, la Russie pourrait être capable de contourner ce plafonnement, en continuant à vendre son pétrole à des pays tiers. Ensuite, le prix est conditionné à la demande mondiale : or, des scénarios de récession fleurissent un peu partout en 2023.
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