Effet pervers du sevrage des énergies russes: l’UE devra compter sur le charbon « plus longtemps que prévu »

Plus tôt cette semaine, l’Union européenne a présenté son plan pour tourner la page des énergies fossiles russes et assurer sa transition énergétique. Un projet particulièrement ambitieux, pour lequel de nombreuses inconnues persistent. Mais une chose est sûre: il ne sera pas facile à mettre en place. D’ailleurs, pour parvenir à faire une croix sur les énergies fossiles, il faudra… avoir davantage recours au charbon.

Ce mercredi, l’UE a publié un document dans lequel elle liste ses objectifs énergétiques pour les années à venir. Une enveloppe de 210 milliards d’euros supplémentaires est prévue pour faire des économies d’énergie, diversifier l’origine des importations énergétiques et accélérer la « transition énergétique propre de l’Europe ». Des objectifs ambitieux qui ont été revus et corrigés pour prendre en compte le boycott des énergies fossiles russes. Une épine dans le pied de l’UE, qui reconnait que cela ne se fera pas sans le charbon. Les installations au charbon existantes devront en effet être utilisées « plus longtemps que prévu initialement », a concédé l’Union.

Réduire la consommation de gaz naturel dans une phase de transition signifiera « utiliser du charbon un peu plus longtemps, ce qui aura un impact négatif sur les émissions » de CO2, a admis Frans Timmermans, chef du climat de l’UE, rapporte CNBC.

Un mal pour un bien, selon lui, car « si en même temps, comme nous le proposons, vous accélérez rapidement l’introduction des énergies renouvelables – solaires, éolien, biométhane – vous avez alors le mouvement inverse ».  « Si nous pouvons réellement faire ce que je dis – réduire notre consommation d’énergie en combinaison avec une introduction plus rapide des énergies renouvelables – nous réduirons nos émissions encore plus rapidement qu’auparavant », a-t-il déclaré.

« Et puis, bien sûr, nous aurons des émissions légèrement plus élevées si les gens s’en tiennent un peu plus longtemps au charbon, mais nous devons trouver l’équilibre afin que, dans l’ensemble, nous n’augmentions pas nos émissions – nous espérons même les diminuer davantage », a-t-il conclu.

De nombreuses contestations

Le plan présenté par l’Union européenne n’a pas manqué de faire réagir. Le recours prolongé au charbon est évidemment le principal aspect pointé du doigt, en raison de son impact important sur le climat. De nombreuses organisations environnementales n’ont pas manqué de le souligner.

« Ces plans sont censés accélérée la transition vers une énergie propre, mais la dernière stratégie de la Commission européenne donne d’une main et reprend de l’autre », a déclaré Eiligh Robb, militante contre les combustibles fossiles chez Friends of the Earth Europe. « Le soi-disant REPowerEU contient des avancées utiles et nécessaires vers des solutions renouvelables, mais il permet simultanément près de 50 projets et extensions d’infrastructures de combustibles fossiles ».

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