EDF redémarre trois réacteurs nucléaires, alors que la France se prépare à une pénurie d’électricité

Si jusqu’à présent l’Europe a bénéficié de températures automnales clémentes, l’hiver s’installe peu à peu sur le Vieux continent. De quoi pousser davantage la consommation d’énergie. Dans un contexte de crise énergétique, certains craignent que les approvisionnements manquent.  

Pourquoi est-ce important ?

À la veille d'une baisse des températures, le redémarrage de 3 réacteurs nucléaires d'EFD porte à 39 gigawatts (GW) la puissance disponible de la France, sachant que le parc nucléaire français a une puissance maximum de plus de 61 GW.

Dans l’actu : l’entreprise publique française EDF annonce le redémarrage de 2 nouveaux réacteurs nucléaires, dans un contexte tendu, quelques jours après celui de Cattenom 4.

  • Cette annonce intervient à moment clé puisque la France cherche à éviter une pénurie d’électricité cet hiver. Un plan a été élaboré dans ce but et consiste à procéder à des coupures de courant organisées.
  • Un test national a d’ailleurs également lieu aujourd’hui pour s’assurer que les gestionnaires du réseau sont prêts à réagir en cas de besoin.

Le détail : si les réacteurs Bugey 3, Dampierre 3 et Cattenom 4 ont redémarré, tous ne tournent pas encore à plein régime. Cela devrait en effet prendre plusieurs jours.

Contexte : le parc nucléaire d’EDF ne fonctionne pas au maximum de ses capacités, rajoutant de la pression à la crise énergétique dans le pays, mais également sur l’Europe.

  • Un nombre record des 56 réacteurs du parc nucléaire d’EDF a été mis hors service (à savoir 28), en raison de cas de corrosion. Avec le redémarrage de ces trois-ci, le nombre de réacteurs en service grimpe à 40, une amélioration par rapport à début novembre.
  • La production nucléaire française a été réduite à son plus bas niveau en 30 ans.

Et maintenant ? Bien que le potentiel de production ait augmenté avec ce redémarrage, le gestionnaire de réseau RTE n’exclut pas une situation tendue cet hiver. Le délestage reste possible, notamment lors des jours de grands froids.   

  • « Nous nous attendons à un déficit d’approvisionnement de 2 à 8 GW (gigawatts) … Pas seulement lors des pics du matin et du soir, mais tout au long de la journée, de 7h à 21h », a d’ailleurs prévenu Nathalie Gerl, analyste chez Refinitiv, pour la semaine prochaine, rapporte Reuters.

Un calendrier de redémarrage perturbé

Depuis des mois, le gouvernement et l’industrie nucléaire ont les yeux rivés sur le calendrier de relance des réacteurs nucléaires d’EDF, alors que la menace d’une pénurie d’électricité se fait de plus en plus pesante. Malheureusement, force est de constater que le producteur a du mal à respecter ses échéances.

  • En septembre, EDF en a seulement rallumé 5 contre les 10 attendus.
  • Sur les 12 redémarrages prévus pour novembre, 5 ont quant à eux été reportés à décembre.
  • Une grève en octobre dernier n’a pas aidé l’entreprise à respecter son agenda.
  • Les replanifications sont monnaie courante chez EDF, ce qui ne rassure pas sur la fiabilité de ses travaux.
    • « Nous donnons notre vision la plus optimiste quitte à la décaler en totale transparence vis-à-vis des opérateurs sur le marché de l’électricité. Nous ne pouvons pas prendre de marge de précaution », s’est défendu un porte-parole d’EDF.
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