Devrions-nous réduire nos attentes à l’égard des voitures à conduite autonome ?

À l’occasion du Consumer Electronics Show (CES) annuel de Las Vegas, plusieurs constructeurs automobiles ont donné plus de détails sur les voitures autonomes sur lesquelles ils travaillent. Certains de leurs objectifs sont très ambitieux. Mais dans quelle mesure ces attentes sont-elles réalistes ?

Chaque année, le CES nous permet de découvrir toutes sortes de nouveautés technologiques. Cette année, les voitures à conduite autonome ont également fait l’objet d’une grande attention. Au cours de l’événement, General Motors et le chinois Geely et sa marque filiale Volvo ont annoncé des dates de mise en vente pour leurs premières voitures autonomes.

Des voitures qui se conduisent toutes seules cette décennie

Mary Barra, PDG de General Motors, a pour objectif de commercialiser sa première voiture à conduite autonome à usage personnel d’ici le milieu de la décennie.

Geely prévoit que sa première voiture à conduite automatique sera prête en 2024. Volvo a annoncé à Las Vegas qu’elle travaillait sur une formule d’abonnement pour un SUV électrique qui sera présenté plus tard dans l’année. Le constructeur automobile n’a pas encore proposé de délai.

En tout cas, il est clair que les constructeurs envisagent l’avenir des voitures autonomes avec optimisme. Mais ces fabricants ne vont-ils pas trop vite en besogne ?

Tesla

Prenons l’exemple de Tesla. Ce constructeur automobile travaille depuis un certain temps au développement de voitures à conduite autonome. Certains conducteurs peuvent même utiliser un logiciel appelé « Full Self-Driving » (FSD), qui leur permet de conduire partiellement sans les mains.

Mais il n’est pas encore question d’une voiture entièrement autopilotée. L’expression « conduite autonome » est peut-être trompeuse pour désigner le logiciel. Il s’agit plutôt d’un « assistant » qui vous aide à conduire. Il y a différents niveaux quand on parle de voitures à conduite autonome. Le niveau 5 est considéré comme le plus haut niveau d’autonomie. Dans ce cas, la voiture peut se conduire de manière entièrement automatique sans l’intervention d’un être humain.

Le développement n’a pas encore progressé jusqu’à ce point. Le logiciel FSD de Tesla est actuellement (officiellement) au niveau 2, où la voiture peut accélérer, freiner et se diriger toute seule. Toutefois, le conducteur doit reprendre le volant si quelque chose ne va pas.

Le logiciel de Tesla contient des fonctions qui peuvent être considérées comme de niveau 3. Selon les pronostics les plus réalistes, la voiture de « niveau 5 » à grande échelle ne sera pas disponible avant 2040.

Problèmes techniques et prix élevé

En outre, les logiciels sont accompagnés de nombreux problèmes de démarrage. Prenons à nouveau l’exemple de Tesla. L’été dernier, divers médias ont rapporté que des voitures Tesla à conduite autonome avaient été impliquées dans des accidents avec des véhicules d’urgence à l’arrêt.

Le prix du service dissuadera également certains conducteurs. De nombreux constructeurs automobiles ont donné peu ou pas de détails sur les prix. La conduite autonome fait-elle partie d’un ensemble avec la voiture ? Ou devrez-vous, comme avec Tesla ou Volvo, souscrire un abonnement ?

Le prix d’un tel abonnement peut être assez élevé. Les prix pratiqués par Tesla le montrent. Le prix de la fonction FSD de Tesla est actuellement de 10 000 USD. Musk a récemment annoncé via Twitter que Tesla portera le prix à 12 000 dollars le 17 janvier.

Législation

Enfin, la législation doit également être modifiée pour autoriser les voitures à conduite autonome. L’approbation se fait actuellement au niveau national. En Allemagne, par exemple, Mercedes est récemment devenu le premier constructeur automobile à être autorisé à vendre et à faire rouler des voitures partiellement autopilotées. Le système utilise des radars, des caméras et des microphones. C’est une voiture à conduite autonome de niveau 3.

Dans notre pays, l’utilisation d’une telle voiture n’est pas encore autorisée. Le Code de la route stipule que vous, en tant que conducteur, devez toujours et immédiatement être en mesure de faire des ajustements. Vous ne pouvez pas vous concentrer sur d’autres tâches tout en conduisant.

Frank Mütze, du Conseil européen pour la sécurité des transports (ETSC), a récemment déclaré à la VRT NWS que l’UE travaille sur un système dans lequel ces approbations seraient européennes ou resteraient nationales, mais avec une approbation automatique pour l’ensemble de l’Union européenne. Dans ce cas, les États membres devront à chaque fois adapter rapidement leur législation. L’ETSC plaide donc pour la création d’une agence européenne qui enquêtera de manière cohérente sur les accidents impliquant ces véhicules.

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