De nombreuses entreprises ne respectent aucune mesure de sécurité face au coronavirus

Isopix

Les emplois non essentiels ne doivent pas contrevenir aux lignes directrices sur le télétravail, a déclaré hier Sophie Wilmès lors de la réunion sur le coronavirus. Dans de nombreux secteurs pourtant, aucune mesure en ce sens n’est prise. A commencer par celui de la construction.

Faire de la distanciation sociale sur un grand chantier n’est pas chose aisée. Les entreprises de construction sont également sous pression, et il n’y a pas de garanties de la part du gouvernement en ce qui les concerne.

‘Ce matin, nous avons appliqué les règles de distanciation sociale sur le chantier’, explique à nos rédacteurs le directeur de projet d’une grande entreprise de construction. ‘Cependant, le contractant du projet n’était pas content. Ils ont dit que nous étions en sous-effectif et ont exigé plus de personnes sur le terrain pour terminer le projet. Bien sûr, nous ne pouvons pas faire cela.’

Sous-traitants exposés

Les conséquences, elles sont souvent pour les sous-traitants. Les délais des projets s’écoulent, les coûts ou les pénalités pour ne pas avoir terminé à temps sont souvent colossales.

‘L’entrepreneur a immédiatement menacé d’infliger des amendes. Alors que nous avons même dû nous battre pour obtenir des installations de base supplémentaires. Trois toilettes portables pour cinquante personnes, ce matin nous avons enfin eu un lavabo pour nous laver les mains’, indique-t-il. ‘Finalement, la direction de notre entreprise a décidé de fermer complètement le chantier, car elle n’était pas responsable.’

Protestations

Dans certaines grandes entreprises, la main-d’œuvre s’est rebellée contre la pression du travail, malgré l’appel à la distanciation sociale. Les employés de Volvo Car à Gand ont par exemple protesté. La direction a finalement décidé de fermer l’entreprise.

Mais le fait qu’il y ait des protestations parmi les employés ne se produira pas aussi rapidement dans le secteur de la construction, nous dit notre source. ‘Ces personnes ne sont souvent pas protégées. Ils viennent de Pologne, de France ou de Roumanie et n’ont pas de syndicat derrière eux. Ils veulent donc aller de l’avant. Mais le gouvernement ne sait pas clairement qui va payer pour cela.’

Fermeture de chantiers

La police a toutefois suspendu plusieurs chantiers mercredi dans les provinces de Luxembourg, de Namur et de Flandre orientale, annonce la Confédération Construction et la fédération des PME flamandes Bouwunie. ‘Apparemment, l’interprétation des forces de l’ordre diverge de ce qui a été annoncé officiellement’, déplore l’administrateur délégué de Bouwunie, Jean-Pierre Waeytens, via l’agence Belga. ‘On a reçu au moins une dizaine de signalements’, assure la Confédération Construction. Des négociations sont en cours avec les autorités pour obtenir le chômage temporaire ‘pour force majeure’.

Les fédérations du secteur de la construction ont appelé leurs membres à se plier aux recommandations fédérales, notamment celle d’une distance d’au moins 1m50 entre eux. ‘Il apparaît toutefois que la police a suspendu plusieurs chantiers et retenu des camions. Ce que nous déplorons’, ajoute Jean-Pierre Waeytens face à la confusion.

Automobile et sidérurgie

La CSC Metea (sidérurgie, textile, métal et secteurs connexes tels que garages, carrosseries, électriciens…) dénonce également la poursuite d’activités dans certaines entreprises sans disposition pour combattre la pandémie du Covid-19, indique-t-elle mercredi dans un communiqué relayé par Belga.

‘Ni affiches, ni matériel pour les mesures d’hygiène, pas de distance sociale entre les travailleurs sur leur poste de travail… malgré des interventions répétées de nos délégués’, s’insurge le syndicat chrétien. Celui-ci a décidé de faire appel à l’inspection sociale et à la police dans les entreprises où l’employeur ne se conforme pas aux mesures décidées par le conseil national de sécurité.

Traxio, fédération de l’automobile et des secteurs connexes qui représente près de 10.000 employeurs, a également rappelé à ses membres que seule l’activité portes fermées pouvait se poursuivre, tout en respectant les règles de distanciation sociale.

Parmi les secteurs autorisés à continuer leurs activités, on trouve l’industrie alimentaire, l’agriculture, l’horticulture, la production d’engrais et la pêche, les fournisseurs de carburant, ainsi que les services de dépannage et de réparation urgents pour véhicules.

Lire aussi: