L’économie de la zone euro a connu une croissance inattendue alors que les économistes avaient prédit une contraction. Cela écarte actuellement le danger d’une récession dans la zone euro.
Une croissance inattendue atténue les craintes de récession dans la zone euro

Pourquoi est-ce important ?
À l'automne 2022, les craintes d'une récession européenne étaient bien présentes. Les hausses de taux d'intérêt, la crise de l'énergie et du pouvoir d'achat exerçaient une pression sur les ménages et les entreprises.Dans l’actualité : Au quatrième trimestre, l’économie de la zone euro a progressé de 0,1 % par rapport au trimestre précédent. Les économistes avaient prévu une contraction de 0,1 %.
- La croissance a cependant bien ralenti. Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro, par exemple, a augmenté de 0,3 % au troisième trimestre.
- En glissement annuel, l’économie a progressé de 1,9 %. Ce chiffre est également plus élevé que prévu. Les économistes avaient prévu une croissance de 1,7 %.
- Dans l’Union européenne, la croissance trimestrielle a été nulle. Par rapport à l’année dernière, le PIB a augmenté de 1,8 %.

Zoom avant : Il existe cependant de grandes différences entre les États membres.
- L’économie irlandaise a connu la plus forte croissance. Le PIB y a augmenté de 3,5 % par rapport au troisième trimestre.
- La Banque nationale de Belgique (BNB) a révélé hier que, dans notre pays, l’économie avait progressé de 0,1 % au dernier trimestre 2022.
- La Lituanie, quant à elle, est bonne dernière de la classe européenne. Ce pays a connu une contraction de 1,7 % au trimestre précédent.
Les craintes de récession s’estompent
Détails : Avec l’augmentation inattendue de l’activité économique, la zone euro est en bonne voie pour éviter une récession.
- On dit qu’il y a récession lorsque le PIB se contracte pendant deux trimestres consécutifs. On avait craint que le quatrième trimestre n’annonce le début d’une récession en raison de l’inflation et des prix élevés de l’énergie, mais cela ne semble pas être le cas.
- Bert Colijn, économiste chez ING, note que la croissance de la zone euro aurait stagné si le PIB de l’Irlande n’avait pas augmenté aussi fortement. « Nous constatons une croissance nulle dans un certain nombre d’États membres de l’Union monétaire », ajoute-t-il. « L’Allemagne et l’Italie, deux grandes économies industrielles, ont même connu une légère contraction ».
- « Les pires scénarios ont été évités grâce aux effets de récupération après la pandémie de coronavirus qui ont duré plus longtemps que prévu », explique M. Colijn. « Mais nous constatons qu’en raison de la perte de pouvoir d’achat en 2022, les consommateurs font désormais plus attention à leurs dépenses. »
- L’économiste d’ING n’exclut pas la possibilité que l’économie de la zone euro se contracte ce trimestre.
Bonne nouvelle pour la BCE
Perspectives : Le taux de croissance meilleur que prévu, dans la zone euro, est également une bonne nouvelle pour la Banque centrale européenne (BCE), et en particulier pour ses faucons (partisans d’un resserrement de la politique monétaire). Les membres du conseil se réunissent jeudi pour discuter de la politique monétaire.
- En l’absence de récession, l’institution monétaire peut continuer à se concentrer sur la hausse des taux d’intérêt. Il est presque certain qu’une décision de relever les taux d’intérêt de 50 points de base sera prise jeudi.
- Il ne fait aucun doute qu’une telle augmentation sera aussi à l’ordre du jour des réunions suivantes. Klaas Knot, président de la Banque centrale néerlandaise, a déclaré au début du mois que les taux d’intérêt devraient être relevés au moins deux fois de plus de 50 points de base.
- Selon Volker Schmidt, gestionnaire de portefeuille senior de la société d’investissement Ethenea, les taux d’intérêt doivent augmenter de 4 à 6 % si la BCE veut ramener l’inflation à son objectif de 2 %. Le taux de dépôt – la commission que les banques reçoivent lorsqu’elles déposent de l’argent auprès des banques centrales nationales – est actuellement de 2 %.
RVW