Le taux de croissance démographique chinois ralentit plus vite que prévu : la natalité pourrait continuer à baisser « pendant un siècle »

La Chine est actuellement le pays le plus peuplé du monde. Mais cela pourrait bientôt changer, et plus rapidement que ce que les analystes ne l’ont jamais prédit. Et cela aura un impact important sur l’économie du pays.

Yang Wenzhuang, chef du département de la population de la Commission nationale de la santé de Chine, a déclaré lors d’une conférence jeudi que la population de son pays serait déjà en déclin avant 2025, selon des informations du journal d’État chinois Global Times. C’est beaucoup plus tôt que prévu : initialement, les autorités du pays pensaient que la baisse ne commencerait qu’en 2027. À ce rythme, l’Inde comptera plus d’habitants que la Chine dès l’année prochaine, soit quatre ans plus tôt que ne le pensaient les analystes.

Selon M. Wenzhuang, les chiffres montrent que, dans certaines provinces, il n’y avait jamais eu aussi peu de bébés au cours des 60 dernières années qu’aujourd’hui. En outre, une seule des 31 provinces, le Guangdong, la région la plus riche et la plus peuplée de Chine, aurait comptabilisé plus d’un million de nouveaux enfants nés l’année dernière.

Le taux de natalité dans l’ensemble de la Chine n’aurait été que de 7,52 pour 1000 habitants, le niveau le plus bas jamais mesuré. À titre de comparaison, en Belgique, le chiffre est d’environ 11 naissances pour 1000 habitants chaque année.

Des chiffres qui vont continuer à baisser

Le fait que la population chinoise pourrait diminuer dans un avenir proche n’est pas une bonne nouvelle pour l’économie du pays. Après une longue période de prospérité au cours des dernières décennies, celle-ci a déjà subi quelques coups durs ces dernières années. Le secteur immobilier est au bord de l’implosion et les nombreux confinements ralentissent encore plus la croissance. En outre, selon les analystes, même une récession n’est pas à exclure.

Si l’on ajoute à cela une population en baisse, cela commence à ressembler aux prémisses d’une catastrophe. Les nombreux confinements et la menace de récession ont de plus poussé de nombreux couples chinois à reporter leur projet d’avoir des enfants : avant le début de la pandémie de Covid, les chiffres étaient légèrement plus optimistes.

Selon certains analystes, le pays devrait même se préparer à une période prolongée de faibles taux de natalité. Huang Wenzheng, démographe au Center for China and Globalization, a déclaré au Global Times qu’il s’attendait à ce que les taux de natalité continuent de baisser « pendant plus d’un siècle ».

200 millions de personnes vont prendre leur retraite

Selon les rapports de Bloomberg, cela aura des conséquences dramatiques pour le marché du travail chinois. D’ici 2050, il y aura jusqu’à 200 millions de travailleurs en moins, ce qui créera une pénurie de main-d’œuvre. À cela s’ajoute le vieillissement de la population, qui exercera une pression croissante sur le système de santé du pays.

En fait, d’ici la fin du siècle, les États-Unis, le Mexique et le Canada compteront presque autant de travailleurs que la Chine, selon les projections des Nations-unies. Actuellement, le pays compte trois fois plus de travailleurs, un avantage économique énorme qui aura pratiquement disparu d’ici 80 ans.

Bloomberg précise même que ces projections sont établies sur la base de prévisions « optimistes » de la croissance de la population chinoise et qu’un déclin plus important ne peut être exclu. Dans ce cas, la population nord-américaine travaillant vers 2097 dépasserait même celle de la Chine.

La politique de l’enfant unique remise en question

Pour contrer le déclin de la population, le gouvernement chinois a pris un certain nombre de mesures notables ces dernières années. Depuis 2016, par exemple, les familles chinoises sont à nouveau autorisées à avoir deux enfants, et même un troisième depuis 2021. Auparavant, la Chine appliquait la politique dite de l’enfant unique afin d’enrayer la croissance explosive de la population.

Il n’est pas certain que cette dernière mesure soit efficace. Après 2016, il n’y a pas eu d’effet notable sur les taux de natalité, donc les chances que le changement de 2021 marque une reprise semblent minces.

Pékin a également mis en œuvre d’autres plans, dans l’espoir que les couples aient davantage d’enfants. Les couples mariés qui souhaitent enfanter bénéficieront d’avantages fiscaux, de subventions pour la garde d’enfants et, dans certains cas, d’une aide financière.

Pourtant, selon certains analystes, cela ne serait toujours pas suffisant pour provoquer des changements majeurs. « Ces soi-disant primes à la naissance ne vont probablement pas faire grand-chose pour encourager les gens à mettre des enfants au monde », estime auprès de Fortune Stuart Gietel-Basten, démographe à l’Université des sciences et de la technologie de Hong Kong.

MB

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