Seulement 6% des ETF étaient dans le vert sur les trois premiers trimestres… mais les choses commencent à changer

Trois mauvais trimestres pour les ETF : la grande majorité de ces fonds, qui sont négociés en bourse et dont les parts s’échangent comme des actions, étaient dans le rouge. Les investisseurs préféraient les actifs plus défensifs. Mais le vent est en train de tourner : les actifs plus risqués ont à nouveau le vent en poupe.

Pourquoi est-ce important ?

Des ETF (ou fonds négociés en bourse), il y en a de toutes les formes et de toutes les couleurs. Il y en a qui suivent des indices boursiers comme le S&P 500, d'autres qui suivent des thématiques, allant des énergies renouvelables à la bonne gestion, en passant par les technologies du futur (comme ceux que gère Cathie Wood). D'autres encore suivent les conseils d'investissements, voire leur exact opposé, comme pour Jim Cramer (et Cathie Wood). Il s'agit d'investissements plus diversifiés, comme ils reprennent toute une série d'actifs, ce qui permet de limiter les risques et les pertes. Or, même ces investissements diversifiés connaissent une année terrible.

Le chiffre : trois trimestres catastrophiques pour les fonds négociés en bourse.

  • Sur les ondes de Yahoo Finance, Aniket Ullal, spécialiste des ETF pour la société de recherches sur les marchés CFRA, dresse le bilan. Entre janvier et fin septembre, 94% des ETF cotés sur le marché boursier américain étaient dans le rouge.
  • C’est que les investisseurs ont vendu leurs parts dans les ETF pour se tourner vers des valeurs plus défensives. « Nous avons vu l’argent se déplacer vers les dividendes, des actions à faible volatilité et vers les ETF d’obligations du Trésor. Ce sont des secteurs dans lesquels les investisseurs se dirigent lorsqu’ils essaient d’être plus défensifs, d’avoir un coussin dans leurs investissements », explique Ullal.
  • Autre raison pour la chute des ETF : les valeurs qui les constituent, souvent des actions, ont également été en baisse tout au long de l’année.

L’essentiel : le vent tourne.

  • Le goût du risque est train de revenir, constate Ullal. Les investisseurs reviennent vers les ETF, et certains fonds retournent dans le vert.
    • Notamment les ETF sur les marchés émergents : ils affichent maintenant 8% de hausse par rapport au début de l’année, alors que fin septembre ils étaient à -28%. Retour en force aussi des small caps, les petites capitalisations, qui sont à +12% après une traversée du désert à -25% sur les trois premiers trimestres, calcule le directeur de la recherche.
  • Les investisseurs vont aussi moins vers les valeurs défensives. Sur les trois derniers mois, 24% des nouvelles sommes investies allaient dans les ETF d’obligations, contre 5% uniquement sur le dernier mois en date.
  • La raison : Pour Ullal, cet élan d’optimisme vient de l’inflation américaine moins élevée que ce qui était attendu au cours du mois d’octobre et qui pour beaucoup marque le dépassement d’un pic et le début d’hausses des taux d’intérêt moins élevées.

Zoom avant : les risques persistent. Est-ce que le fonds est atteint ?

  • Mais voilà aussi le risque. Si les marchés surinterprètent ce chiffre de l’inflation, cet élan ne sera qu’un rallye de marché boursier et pas un vrai changement de cap, et se soldera par une potentielle rechute. La décision de la Fed, mi-décembre, sera « un moment très très critique ». C’est-à-dire que si elle devait quand même ressortir une hausse de 75 points de base, cela fera sans aucun doute beaucoup de mal au marché.
  • « Il est trop tôt pour prédire que c’est le fond. Nous ne sommes pas encore sûrs que c’est le fond. Il y a tout un nombre d’analystes qui examinent l’aspect technique et les fondamentaux. Et nous ne sommes pas encore convaincus que c’est le fond. Nous devrons voir ce que la Fed fera en décembre et comment le marché réagira à cela », prévient Ullal.
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