Coupe du monde 2026 : experts remettent en question les prévisions économiques de la FIFA


Principaux renseignements

  • Les prévisions financières optimistes de la FIFA surestiment probablement l’impact réel sur l’économie.
  • Les pays hôtes risquent de connaître d’importants dépassements budgétaires malgré l’utilisation des infrastructures existantes.
  • Les retombées locales sur le secteur de l’hôtellerie et de la restauration ne suffiront pas à générer une croissance significative du PIB national.

À l’approche de la Coupe du monde de football 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Mexique et au Canada, un écart important existe entre les prévisions financières officielles et les analyses indépendantes, rapporte Euronews.

Alors que la FIFA prévoit une manne financière colossale de 30,5 milliards de dollars (environ 26,2 milliards d’euros) pour les pays hôtes et une augmentation du PIB mondial de près de 41 milliards de dollars environ 35,2 milliards d’euros), ainsi que la création de plus de 800 000 emplois, les experts estiment que ces chiffres sont trop optimistes.

Disparités dans les retombées économiques régionales

Le poids financier de l’événement est considérable, avec des dépenses totales estimées à 14 milliards de dollars (environ 12 milliards d’euros), dont la majeure partie (plus de 11 milliards) sera supportée par les États-Unis. Une analyse de la Saxo Bank indique que la relance économique réelle sera minime.

Pour les États-Unis, la hausse prévue de 17 milliards de dollars (environ 14,6 milliards d’euros) représente moins de 0,1 pour cent de leur PIB total, ce qui fait du tournoi un facteur insignifiant dans la croissance économique globale. À l’inverse, le Mexique pourrait connaître un impact plus significatif, avec des gains projetés compris entre 0,2 pour cent et 0,5 pour cent du PIB, son économie étant davantage dépendante des secteurs des services et du tourisme. Le Canada devrait gagner environ 3,8 milliards de dollars canadiens (environ 2,4 milliards d’euros), bien que ce chiffre doive être mis en balance avec les dépenses publiques.

Tourisme

Une étude d’Oxford Economics suggère que si des villes comme Dallas, New York et Houston connaîtront une hausse des dépenses dans l’hôtellerie et les loisirs, ces gains seront éphémères. Le tournoi de 2026 s’appuyant sur les infrastructures existantes plutôt que sur de nouvelles constructions, l’événement devrait plutôt rediriger le flux touristique existant plutôt que de créer une valeur économique entièrement nouvelle.

Risque de dépassements budgétaires

Historiquement, les méga-événements sportifs sont connus pour leurs dépassements budgétaires, dépassant souvent les estimations initiales de 172 pour cent en moyenne en raison de délais rigides qui imposent des constructions coûteuses et précipitées.

Cela conduit souvent au phénomène des « éléphants blancs », où des stades gigantesques, comme ceux construits au Brésil en 2014 ou au Qatar en 2022, deviennent des passifs coûteux sans utilité à long terme. Bien que les pays hôtes de 2026 soient moins susceptibles d’être confrontés à ce problème spécifique puisqu’ils possèdent déjà des sites professionnels, ils devraient tout de même dépasser leurs budgets.

Demande limitée

De plus, la demande réelle pour l’événement semble en deçà des attentes. Une enquête menée par l’American Hotel and Lodging Association a révélé que près de 80 pour cent des hôtels des villes hôtes américaines ont enregistré des réservations inférieures aux prévisions. Parmi les facteurs contribuant à ce déclin figurent les coûts de voyage élevés, le prix des billets, l’instabilité géopolitique et les complications liées aux visas pour les voyageurs internationaux.

Croissance économique temporaire

En fin de compte, toute croissance économique résultant du tournoi devrait être localisée et temporaire. Le phénomène d’« éviction » suggère que les dépenses publiques et l’intervention sur le marché peuvent en réalité supplanter l’investissement privé. Par conséquent, plutôt que de déclencher un changement économique structurel, la Coupe du monde 2026 devrait se traduire par une brève réallocation d’activité qui restera à peine perceptible à l’échelle nationale pour la plus grande économie mondiale. (fc)

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