Comment s’informent les Belges? Et sont-ils sensibles aux théories du complot? L’UCL a mené l’enquête…

(Pixabay)

Avec la pandémie de coronavirus, une quantité incommensurable d’informations vraies et fausses circulent. On appelle ça une infodémie. 4 chercheurs de l’UCLouvain ont voulu connaitre les habitudes de consommation d’information des Belges francophones. Et les résultats sont assez surprenants.

‘Contrairement aux idées reçues, les jeunes ne sont pas les plus susceptibles de partager ou de croire des fake news circulant sur les réseaux sociaux. Ils semblent faire une utilisation de ces réseaux plus critique que leurs aînés’, explique Grégoire Lits, professeur à l’Institut langage et communication de l’UCLouvain. En Belgique francophone, les 16-25 ans accordent plus leur confiance aux experts de la santé, à l’OMS et aux gouvernements fédéral et régionaux que le reste de la population.

Les conclusions de l’étude montre que ‘le groupe le plus à risque dans l’infodémie est le même que celui le plus exposé à l’épidémie de Covid-19, il s’agit des 66 ans et plus’. Ils sont plus susceptibles de rencontrer des fake news sans s’en apercevoir. En comparaison, les personnes de plus de 66 ans sont 18% à penser avoir été exposées à des fake news contre 62% chez les jeunes. Et cela n’est pas dû à une utilisation moindre des réseaux sociaux, puisque les plus jeunes, comme les plus âgées, ont partagé tout autant d’information sur les réseaux sociaux.

En outre, les personnes plus âgées ont plus tendance à avoir un doute sur la possibilité que certaines théories du complot soient vraies. Par exemple, seulement 50% des 66 ans et plus affirment avec certitude que le virus n’a pas été créé dans un laboratoire chinois, contre 71% des jeunes qui en sont totalement sûrs.

Les personnes entre 26 et 65 ans qui ont répondu au sondage se situent généralement entre les deux extrêmes, sauf pour l’usage des réseaux sociaux. 60% d’entre eux ont déclaré avoir partagé des informations via les réseaux sociaux et les messageries du type Whatsapp, contre environ 35% chez les moins de 25 ans et les plus de 66 ans.

Anxiété

L’étude s’est aussi penchée sur la santé mentale de la population pendant le confinement. Le sondage questionnait plus précisément le niveau d’anxiété des répondants suite à cette épidémie de covid-19.

De manière globale, le niveau d’anxiété est relativement bas. Il existe toutefois quelques disparités en fonction des âges et du sexe.

Les jeunes étaient plus nombreux à se sentir moyennement anxieux voire très anxieux que les adultes et les personnes plus âgées. L’anxiété est aussi plus présente chez les femmes que chez les hommes.

En outre, plus la population a l’impression de ne pas avoir assez d’informations pour comprendre le virus et plus elle est angoissée.

Selon Alexandre Heeren, spécialiste de l’anxiété à l’UCLouvain, il y a un lien ‘entre le niveau d’anxiété et la confiance envers les professionnels·les de la santé’. Car ils nous rappellent sans cesse que le Covid-19 est dangereux et quand le futur est incertain. Il est donc logique d’être anxieux car ce sentiment sert avant tout ‘la planification et la préparation à ces dangers potentiels et incertains’.