Comment ces 5 villes européennes se protègent des grandes crues

Les inondations provoquées par des pluies torrentielles qui ont frappé la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne, la semaine dernière, ont mis en évidence à quel point, en Europe aussi, nos infrastructures pouvaient se révéler vulnérables aux catastrophes climatiques. Dans certaines villes, on cherche des solutions.

La Belgique est sous le choc après les inondations exceptionnelles de la semaine dernière. Et ce genre d’épisode meurtrier risque bien de se faire plus courant à l’avenir : à Glasgow, à l’ouest de l’Écosse, ce sont pas moins de 2 millions de personnes qui sont directement menacées par les tempêtes et les inondations que le changement climatique semble réserver à l’Europe du nord. À tel point qu’un peu partout sur le continent, on se rend compte qu’il est urgent de se prémunir des crues avant qu’il ne soit trop tard.

Dans certaines cités, les particularités géographiques ont contraint les habitants à prendre les devants. Voici 5 villes européennes où des travaux d’ampleur protègent des eaux les résidents :

  • Hambourg : la cité surélevée. La ville allemande accueille le second plus vaste port d’Europe, et tout un nouveau quartier résidentiel, HafenCity, a été bâti sur les berges de l’Elbe. Il accueille déjà 6.000 habitants, ainsi que 15.000 travailleurs. Pour se prémunir des colères du fleuve, Hafen City est bâtie sur des plinthes, comme celles d’un parquet, qui surélèvent la zone résidentielle de 8 mètres par rapport au niveau de la mer.
  • Rotterdam : « climate proof » pour 2025. Au confluent de trois grands fleuves, la Meuse, le Rhin et l’Escaut, cette ville néerlandaise est très vulnérable. Pour résister aux inondations, les Néerlandais ont bâti des digues, mais ils ont aussi boisé les berges des cours d’eau pour absorber ce qui déborderait. De même pour les toits des maisons afin de garder une partie des eaux de pluie. Garages souterrains, parcs et même jardins peuvent servir de bassins de déversement pour épargner les zones habitées.
  • Venise : des digues mobiles en première ligne. La Cité des Doges vit avec l’eau depuis plus de 1.000 ans, mais les inondations de 2019 ont fait prendre conscience que le danger restait bien réel. Pour protéger son patrimoine historique, la ville italienne compte sur un grand chantier de digue mobile nommée MOSE. Cet appareillage est entré en service en 2020, après 3 ans de retard et 7 milliards d’euros, ainsi qu’un scandale de corruption. MOSE est censé protéger la ville des plus hautes marées : les digues flottantes peuvent se dresser hors de l’eau sur 3 m en quelques minutes. Reste à espérer que ça soit suffisant.
  • Nimegue : s’allier à la nature. Alors que les projets pharaoniques comme MOSE risquent de se retrouver obsolètes une fois enfin achevés, certains ingénieurs néerlandais ont fait le choix du tout naturel. Dans une région cernée par la Meuse, le Rhin, le Waal et l’Ijssel, les cours d’eau ont été élargis et approfondis, et les zones agricoles voisines sont intentionnellement inondées afin d’épargner les zones habitées en cas de crue. De nombreux espaces ont aussi été rendus à la nature, afin que les arbres retiennent l’eau et les vents violents.
  • Manchester : la stratégie de l’éponge. L’idée vient de Chine, où les jardins et les zones agricoles traditionnelles absorbent l’eau de pluie plutôt que de la laisser ruisseler et s’accumuler. Ici, ce sont des sols perméables et des zones vertes en ville qui vont absorber le trop-plein de précipitations, mais sans le relâcher d’un coup dans les systèmes de drainage et les égouts. L’eau va s’écouler lentement, sur plusieurs jours, afin d’éviter que le système ne soit submergé.

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