La COP26 dans une ville européenne menacée par la montée des eaux

La Conférence annuelle de l’ONU sur le climat se tiendra dans un endroit très symbolique en 2021. Une grande ville britannique qui se trouve à deux heures d’avion de Bruxelles. Et dans laquelle deux millions de personnes sont menacées par les inondations.

Par Matthias Bertrand.

Chaque année, les Nations unies organisent une grande conférence internationale pour avancer des solutions concrètes pour lutter contre le changement climatique, ou pour ses préparer à ses conséquences. En 2021, ça sera la 26ème édition de cet événement.

La COP26 se tiendra du 1er au 12 novembre sous la présidence britannique, en partenariat avec l’Italie. Sauf que ce n’est pas Londres qui accueillera les débat, mais Glasgow, la grande cité portuaire de l’ouest de l’Écosse.

Le choix de Glasgow est éminemment symbolique. Pour la Grande-Bretagne d’abord, car les sentiments indépendantistes grandissent toujours chez les Écossais, qui sont nombreux à estimer que l’Angleterre leur a imposé un Brexit dont ils ne voulaient pas. Mais ensuite pour tous les Européens qui vivent à proximité de la mer, dont les Belges. Car la majorité des habitants de Glasgow est directement menacée par le changement climatique: sur les 2, 85 millions de personnes qui peuplent l’aire urbaine, pas moins de 2 millions sont directement menacés par les inondations, mais aussi les coupures d’électricité, ou les interruptions de transport qu’elles entrainent. Et parmi eux, 140.000, les plus pauvres, n’ont aucune manière de se prémunir des épisodes de sécheresse entrecoupés de crues rapides de la rivière Clyde, qui traverse la ville. Ce sont des dizaines de milliers de logements qui auraient besoin d’une rénovation complète pour résister à l’eau comme à la chaleur.

Pour protéger les habitants de Glasgow des conséquences du changement climatique, il faudrait dépenser des milliards de livres. La ville aurait besoin de 184 millions par an rien pour limiter les dégâts dans la situation actuelle, en sécurisant ses routes et ses chemins de fer contre les crues, en plantant 18 millions d’arbre pour contrecarrer l’érosion et les coulées de boue. Et même en sécurisant le pont suspendu Erskine contre les grands vents, alors qu’il est emprunté par 38.000 voitures par jour ! Et au rythme auquel le climat s’emballe, Glasgow risque de devenir un cas d’école pour de nombreuses villes d’Europe du nord. En particulier dans des zones très humides et aisément inondables, comme Les Pays-Bas, certaines régions de France,… Et la Belgique.

Parmi les cinq campagnes qui seront mises en avant par le gouvernement britannique lors de cette COP26, on peut trouver « Adaptation et résilience ». Des mots qui sonnent de moins en moins creux en Europe, alors que des régions entières se trouvent soudainement menacées.

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