L’Ukraine, une simple répétition générale ? La Chine place 100 produits taïwanais sur liste noire, en marge de la probable visite de Nancy Pelosi sur l’île

Malgré les tensions accrues dans la région et les avertissements de l’administration Biden et de Pékin, Nancy Pelosi devrait arriver à Taïwan mardi.

Après plusieurs jours d’incertitude quant à savoir si Nancy Pelosi se rendrait ou non sur l’île démocratique de Taïwan, CNN estimait avoir une réponse lundi. Un haut fonctionnaire taïwanais et un fonctionnaire américain ont confirmé au site d’information que la femme politique américaine arriverait à Taïwan mardi.

Pelosi aura une réunion avec le président taïwanais Tsai Ing-wen au cours de sa visite. La présidente de la Chambre des représentants des États-Unis se trouve actuellement en Malaisie, deuxième étape de sa tournée asiatique. Lundi, Pelosi s’est déjà rendue à Singapour. Le Japon et la Corée du Sud sont également à l’ordre du jour, a annoncé son cabinet dimanche.

La Chine hausse le ton

La tension est palpable. La Chine a déjà répondu par des actions militaires suggestives, ainsi que par une série d’exercices avec son armée dans la région. Les États-Unis maintiennent leur porte-avions USS Ronald Reagan et leurs navires d’assaut amphibies USS Tripoli et USS America près du détroit de Taïwan pour se défendre.

X Jinping a prévenu Biden que quiconque jouait avec le feu finissait par se brûler lors d’une conversation téléphonique. Ce matin, la porte-parole du ministre chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a ajouté que la visite « téméraire » de Pelosi serait suivie de « graves conséquences ». La presse américaine s’interroge et tacle la démocrate : « Pelosi met tout le monde dans l’embarras », écrit par exemple Bloomberg.

Ce que certains observateurs craignaient se déroule sous nos yeux: le confit entre la Russie et l’Ukraine ne serait que la répétition générale du conflit lancinant entre la Chine et Taïwan. Avec cette différence que la Russie est un nain économique par rapport à la Chine. Nul besoin de préciser les conséquences d’une telle menace pour l’économie mondiale.

Biscuits sur la liste noire

En attendant, la véritable arme de la Chine pour frapper Taïwan, au-delà du harcèlement de routine par le survol de l’espace aérien de la nation insulaire, est sa liste noire des importations.

La journaliste taïwanaise Tingting Liu rapporte mardi que la Chine interdisait plus de 100 produits alimentaires taïwanais. Il s’agirait notamment de « marques très populaires de mignardises et de biscuits ».

Le site d’information taïwanais United Digital News a confirmé l’information et écrit que ces sanctions pourraient avoir de graves conséquences pour le secteur alimentaire local, l’agriculture et la pêche.

« L’ananas de la liberté » de Taiwan

Ce n’est pas la première fois que la Chine utilise une interdiction d’importation de produits alimentaires pour faire pression sur Taïwan. La dernière fois, cependant, la situation s’était retournée contre la Chine, et le boycott profitait à Taïwan.

En mars 2021, la Chine a rapidement interdit l’importation d’ananas en provenance de Taïwan. Les États-Unis, le Canada, l’Australie et les citoyens taïwanais sont alors venus à la rescousse des agriculteurs pour racheter les excédents. L’ananas de la liberté taïwanais est depuis devenu une icône de la résistance déterminée de la nation insulaire à son voisin agressif.

(CP)

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