Ce calculateur tente d’estimer la date de votre vaccination – et il n’est pas du tout en accord avec les autorités

coronavaccin België
Frederic Sierakowski / Isopix

Vous voulez savoir quand vous serez vacciné, mais vous n’avez pas trop confiance dans les projets du gouvernement ? Ce calculateur est fait pour vous. Il estime le nombre de personnes devant vous dans la file d’attente pour un vaccin.

Screenshot de l’OMNI calculator pour la Belgique

Lorsque vous arrivez sur ce calculateur, il vous est demandé un certain nombre d’informations sur votre santé et votre métier. Le but est de savoir si vous faites partie des personnes prioritaires, les informations ne seront donc pas conservées. Vous devez renseigner si vous avez des comorbidités (sans dire lesquelles), si vous travaillez ou vivez dans une maison de repos ou encore si vous êtes un travailleur essentiel.

Le calculateur vous donne alors la date à laquelle le gouvernement estime que vous aurez votre vaccin, selon le programme établi. Il calcule le nombre de personnes qui ont, en Belgique, la priorité sur vous pour avoir le vaccin. En sachant qu’environ 130.000 personnes sont vaccinées par jour, le programme définit le temps qu’il faudra pour que toutes les personnes devant vous soient vaccinées. Mais le calculateur fait également une tout autre estimation. Il procède également un calcul en fonction de la vitesse réelle de la campagne. Et cela ne correspond pas toujours aux projections de l’État.

Par exemple, si vous êtes une personne dans la vingtaine, sans comorbidité et qui ne travaille pas dans un secteur essentiel, vous serez vacciné (avec les deux doses) en 2022, voire en 2023. Alors que les autorités tablent sur une vaccination en juin 2020. Par contre, si vous avez 50 ans, et que vous faites partie du personnel de soin de santé en première ligne, vous serez vacciné en mars prochain. Une estimation bien plus proche des pronostics du gouvernement.

Pourquoi un tel écart ?

L’écart entre les plus jeunes et ceux qui seront vaccinés en premier est énorme. On parle de plus de 6 mois de différence, voire de près d’un an et demi. Comment l’expliquer ?

D’une part, cela s’explique parce que la fourchette de personnes se trouvant devant vous est immense. La liste d’attente est estimée entre 3.000.000 et 6.000.000 de personnes qui sont prioritaires par rapport à vous. Les calculs sur ce point sont assez difficiles à réaliser, car les personnes derrière l’algorithme ne possèdent pas les données de toute la population belge.

Ensuite, le calcul est réalisé sur le nombre de vaccins effectués par semaine au début du programme. On est donc loin des réelles capacités que l’État peut atteindre. En effet, pour l’instant, les médecins se concentrent sur les premières personnes prioritaires (les maisons de repos, les médecins et infirmières, etc.). Mais lorsque tous les centres de vaccination pour le grand public auront ouvert, il sera logistiquement plus facile de vacciner la population. Le rythme devrait donc s’accélérer. Et cela, le calculateur ne le prend pas en compte.

A contrario, malgré le fait la logistique puisse s’adapter plus rapidement, si les vaccins ne sont pas là, personne ne pourra être vacciné. Les firmes pharmaceutiques qui produisent les vaccins ont annoncé d’importants retards. Il ne sera donc peut-être pas possible de vacciner aussi rapidement que l’Etat l’espérait. Seule Pfizer assure aujourd’hui ses promesses. Il faut donc espérer que d’autres vaccins viennent en supplément. Celui de Johnson & Johnson devrait être autorisé dans les prochaines semaines.

L’origine du calculateur

Ce calculateur a été créé par deux chercheurs français, Salam Moubarak, spécialisé dans la robotique, et Maciej Kowalski, docteur de l’Institut national des sciences appliquées (Insa). Ils ont commencé par formuler leurs équations et l’algorithme pour la France. Le même type de calculateur est donc disponible aussi pour les Français. Les conditions de priorités sont d’ailleurs sensiblement les mêmes en France qu’en Belgique (maison de repos, professionnels de la santé, comorbidités, etc.).

Le logiciel n’est pas politique ou médical, mais simplement statistique. Les deux chercheurs ont fait des estimations sur base des chiffres accessibles à tous:

  • Le nombre de vaccins réalisés chaque jour
  • La population belge de plus de 18 ans
  • Le pourcentage estimé de personnes travaillant dans les domaines prioritaires (estimations)
  • Le pourcentage estimé de personnes souffrant de maladies avec des risques de comorbidités comme le diabète, l’obésité, le cancer, etc.
  • Le taux de personnes qui accepteront de se faire vacciner (73% en Belgique, contre 56% en France)

Certaines variables, comme le rythme de vaccination ou le taux d’adhésion peuvent changer avec le temps.

La réponse que le calculateur vous donne est donc à prendre avec des pincettes. Toutefois, il peut vous aider à prendre votre mal en patience. Et si vous ne savez pas quoi faire en attendant, vous pouvez toujours lire les informations sur le Covid-19 disponibles sur la page. Tout ce qu’il y a savoir sur les vaccins est indiqué et des liens vers les autorités compétentes sont mentionnés.